jeudi 27 novembre 2014

Ma vie de styliste #2

(suite de "Ma vie de styliste #1")

... Alors quand je suis arrivée en 3ème année de mon école de stylisme, les choses sont devenues un peu plus compliquées pour moi. Car bien sûre on nous forme à devenir des créateurs. Bien qu'avec notre formation technique, cela nous ouvre des portes pour d'autres métiers, j'ai compris en faisant mon stage et mon défilé, que je n'étais pas prête pour ça. Je n'étais d'ailleurs pas faite pour cet univers de strass, de paillettes, de défilé, de mannequins ou de coiffeurs. Une de mes copines de classe m'a alors parlé de son stage pour une marque française très connue et elle m'a vraiment fait rêver. Ce qu'elle avait fait durant son stage était exactement ce que j'attendais de ce métier : dessiner pour monsieur et madame tout le monde. Analyser les tendances, travailler les couleurs, les matières, dessiner sur ordinateur (car j'ai toujours été une geek dans l'âme).

Quand j'ai eu fini mes études, je suis revenue vivre chez mes parents qui entre temps étaient partis vivre dans le Nord de la France. Ce ne fut pas facile de revenir vivre chez eux après avoir passé 2 années en complète autonomie. Mais je savais pourquoi je le faisais : dans le Nord de la France il y avait (et il y a toujours) pas mal d'industries textiles. Là bas, c'est sûre, je trouverais du travail. Parce que, qu'on se le dise, des offres d'emplois dans le monde de la mode, et je te parle de la source, ça ne courent pas les rues. Surtout pas en Belgique. J'ai donc joué le jeu, et je suis arrivée en France pleine d'espoir, et la première chose que j'ai faites c'est postuler pour cette fameuse marque française. A l'époque c'était genre le rêve de ma vie de travailler là bas.

Avec le recul, je me dis qu'à ce moment là je devais avoir une sorte de bonne étoile car un boulot d’assistante s'est libéré là où je voulais. Il s'agissait d'un contrat en CDD de 2 mois payé au lance pierre (c'est souvent le cas pour un premier contrat). Mais je me suis dit tanpis, j'y vais, je vais montrer ce que je vaux. Ça a été super dure car je ne vivais pas dans mon pays, je n'avais pas d'amies sur place et je me tapais 4h de trajet par jour pour aller bosser. Comme j'étais dépendante des transports, je faisais peu d'heures sup' alors que dans ce métier là c'est un peu la "tendance". Malgré ça après 2 mois, ils m'ont réengagés à 2 reprises. Durant cette année en France j'ai connu pas mal de grèves de train, et la joie du travail à la française avec des CDD à répétition, des périodes de carences, et un salaire si petit qu'il ne me permettait pas de prendre un appart. Je me rappelle être rentrée un soir à 21h et m'être mise à pleurer tellement je n'en pouvais plus des trajets. Mais j'ai tenu bon 1 an et après ça j'ai décidé de tenter ma chance ailleurs.

Je suis donc revenue vivre à Bruxelles, où j'ai commencé ma carrière belge. J'ai repris des cours de néerlandais et j'ai rapidement trouvé du travail dans une société d'import export. C'était drôle car à ce moment là quand je disais que j'étais styliste les gens avaient des étoiles pleins les yeux. Et quand je disais que je dessinais des culottes pour Aldi, ça les faisait moins rêver. Autant les artistes souffrent du cliché de l'analphabète, autant les stylistes souffrent de celui de la pimbèche. J'ai toujours aimé jouer à ce petit jeux là. Donc voilà c'était ça mon métier. Dessiner pour la grande distribution : les Carrefour, les Kiabi, les Aldi,... Et franchement je m'éclatais là dedans. Dans cette société là, j'ai appris le métier d'acheteuse à mi temps, j'ai fait un peu de modélisme vite fait. J'ai parcouru les salons textiles, proposé mes idées, dessiné pour plein de clients différents. Après 4 ans, le travail s'est un peu essoufflé, je voulais de nouvelles expériences et je suis partie à la conquête du monde.

En réalité, la conquête du monde s'est arrêté un an après ça puisque la nouvelle société où je bossais alors a fait faillite. J'en ai pas mal parlé à l'époque sur le blog parce que je suis restée à la maison pendant 6 mois et je n'ai jamais eu aussi peur de ne plus retrouver du travail dans ma branche. De ne plus trouver du travail tout court !

Car c'est ça la réalité du travail de styliste en Belgique : la pénurie. La Belgique est un tout petit pays, il y a très peu d'industrie textile. Tout se fait à l'export en Inde, en Asie ou dans les pays de l'Est. Les géants comme Primark, H&M ou Zara bouffent petit à petit toutes les marques locales qui essaient de survivre et qui ont difficile face à cette concurrence.

Et oui, c'est ça le métier de styliste dans la grande distribution : faire face au prix. Faire face aux clients. Face aux demandes. On créée oui, mais pas tout ce qu'on veut, pas comme on veut. On doit répondre aux prix des acheteurs, parfois les tissus qu'on veut utiliser coûte trop cher, ou le fournisseur ne sait pas concevoir notre modèle. Je dessine tout par ordinateurs sur Illustrator. A la base je n'ai pas du tout de formation pour ça, mais j'ai appris beaucoup sur le tas. Je pense d'ailleurs que c'est un métier qui s'apprend avec l'expérience et le travail, et peu à l'école.

Concrètement, aujourd'hui je travaille sur une partie de la collection de la marque pour laquelle je bosse depuis 2 ans : je dessine, je fais les fiches techniques des vêtements, je bosse sur les tendances, je fais des panneaux, je découpe, je colle, je contrôle les couleurs. Je pars en shopping parfois aussi pour voir ce qui se passe ailleurs. Je ne voyage pas beaucoup mais assez à mon goût. Ce sont mes créations qui se vendent en magasin et ça me rend fière. J'ai des collègues géniales avec qui je rigole beaucoup et qui ont un cœur énorme. Je ne trouve pas beaucoup de points négatifs à mon travail si ce n'est que je travaille dans le privé et que je n'ai pas forcément les mêmes avantages que si je travaillais dans le publique. Et que je suis dépendante de ce qui se vend, de la marque, de l'acheteur pas de mes envies de grand créateur. Mais comme d'une certaine façon, je suis le genre de personne qui a besoin de "cadre", ça me va.

Ce que j'avais envie de dire à travers mes 2 articles c'est que, pour moi, ce métier c'est avant tout une passion, une vocation. Certains me disent que j'ai de la chance, et même si sur certains points je pense avoir eu une bonne étoile, pour d'autres je sais que j'ai vraiment du me battre. Je ne me suis pas arrêtée à mes études de 3 ans en me disant que c'était suffisant. Par exemple, après 5 ans, j'ai repris des cours du soir d'infographie pour me perfectionner. A plusieurs reprises j'ai fais des cours de néerlandais. J'ai appris l'anglais sur le tas grâce aux fournisseurs avec lesquels je travaillais ou en me forçant à lire des magazines. Je pense d'ailleurs que le fait de maîtriser un ordinateur et les langues ont été mes atouts. A chaque fois quand je suis arrivée dans une nouvelle société, j'ai dis de suite que j'y étais, c'était pour y rester. Et je pense avoir fait ce qu'il fallait pour ça.

Aujourd'hui je me sens vraiment bien dans ma fonction, et chaque fois que j'ai douté de moi, j'ai eu un petit coup de pichenette de l'Univers pour me dire que ce métier était fait pour moi. J'ai essayé d'en changer mais chaque fois je revenais là où j'appartenais. Je pense qu'il faut avant tout se battre quand on veut vraiment quelque chose. Je ne vais pas dire que ma vie a été difficile, mais j'ai eu des cailloux dans mes chaussures et j'ai su continuer mon chemin. Montrer que j'en voulais. M'affirmer. C'est le conseil que je voudrais donner à toutes celles qui rêvent de faire ce métier (ou un autre) : ce n'est pas un métier facile, car il y a très très peu d'offres d'emploi, mais quand une occasion s'offre à vous, sauter dessus. Tenez là de vos deux mains. Parfois il faut accepter des choses dont on a pas forcément envie mais qui vont permettre d'ouvrir d'autres portes. Il faut parfois accepter de vivre loin de sa famille et ses amies un moment, ou faire des longs trajets, reprendre des cours le soir, mais je pense que quand on est passionné, quand on veut vraiment quelque chose, et ça, c'est comme pour tout dans la vie, on le fait. Car finalement, tout ça ne sont pas des épreuves, ce sont juste, des petits cailloux...

non libre de droit dessin odile sacoche


♥ ♥ ♥

Illustration créé pour le concours anniversaire de Shabondy 
illustration propre non libre de droit !
Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 24 novembre 2014

Le Dryer & Styler Kit de Remington

Qui n'a pas rêvé de pouvoir se coiffer super facilement ? De se faire des boucles de star et des brushings à l'Américaine ? Tout ça facilement, sans sortir de chez soi ? Et bien je ne sais pas toi, mais moi j'ai toujours voulu pouvoir le faire, et c'est chose possible grâce à Remington. Oui je sais, mon intro envoi du lourd et je suis sûre que tu dois te dire "ah ben ça je demande à voir". Et bien, avant d'entrer dans le vif du sujet, laisse moi te planter le décor : tout a commencé il y a quelques semaines de cela, sur Instagram. Je like innocemment une photo des derniers nés de chez Remington, le Dryer et le Styler Kit et peu de temps après, on me demande gentiment si je veux les tester. Comme on approche des fêtes de Noël, que je suis toujours preneuse pour me faire des chouettes coiffures, j'ai bien sûr dit oui. J'ai alors reçu à la maison un kit sèche cheveux, le Dryer Kit, et un kit fer à boucler, le Styler Kit.

sèche cheveux fer a boucler remington

Commençons par le Dryer Kit. Celui sur lequel je m'attarderai le moins parce que de toi à moi, un sèche cheveux, bah, c'est un sèche cheveux. La boite comprend un "socle" de base sur lequel tu viens fixer différents embouts qui te permettent de faire différentes coiffures. Comme beaucoup de sèche cheveux en 2014, tu peux aussi régler la température et la soufflerie. Le Dryer Kit de Remington est très facile à utiliser mais pour moi un peu trop plastique. Un peu trop léger. L'embout plat et le diffuseur ne sont pas pour moi la grande découverte du 21° siècle par contre j'ai beaucoup aimé le décolle-racines, le Root Boost. C'est l'espèce de petit peigne. J'ai trouvé ça super pratique car en effet ça donne du volume au cheveux, et en même temps je trouve que ça facilite le brushing (voir annule carrément l'étape brushing après). Les cheveux se mettent plus facilement en place, se lissent mieux.

remington dryer kit

sèche cheveux remington

Au niveau des souffleries, il en existe 2, une petite et une forte. Personnellement je trouve que sur ce modèle, la forte est plus efficace (la faible étant, un cheveux trop faible).
Quand à la chaleur, on a 3 possibilités, du froid à très chaud. On peut en ajouter une quatrième avec le bouton "flocon de neige" pour un séchage à froid. Par contre j'ai trouvé que ce dernier n'était pas si froid que ça, et le très chaud était assez chaud (voir trop ?). Pour moi Remington pourrait encore mettre un peu mieux au point leur différence de température. Pour ma part, j'ai préféré utiliser le sèche cheveux à soufflerie et température moyenne. La bonne nouvelle de ce sèche cheveux (et cela explique beaucoup) c'est son petit prix 34.99€ : un prix complètement abordable pour un produit qui propose quand même pas mal d'options. Ce qui est plutôt cool aussi sur ce modèle c'est que tu peux acheter d'autres embouts séparément qui vont compléter ou non tes envies de coiffage.

remington dryer kit seche cheveux

Mais pour moi la grande révolution de ce test Remington ça a été le fer à boucler, le Styler Kit. J'étais vraiment hyper heureuse de pouvoir le tester car je n'ai pas de fer à boucler à la maison. J'ai bien l'option papillote mais finalement je ne l'ai jamais utilisée car je n'ai jamais envie de me retrouver avec la tête d'une mamy avant d'aller dormir (bonjour glamourattitude).

gant thermique remington

Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que j'avais utilisé un fer à boucler c'était chez mes parents. Il y a plus de 15 ans de cela, et c'était genre un truc archaïque orange qui mettait 3 plombes à chauffer. Ici en quelques minutes le fer à lisser est chaud et je n'ai même pas eu besoin de le mettre en chaleur forte car la première température était largement suffisante pour moi.

Comme pour le Dryer Kit, le Styler Kit est vendu avec 3 embouts différents :
- une brosse ronde : pour les fameux brushing à l'Américaine
- un fer à boucler classique (la pince)
- un fer à boucler conique
Mon coup de coeur revient bien sûre à l'embout conique et à la brosse. Le kit est aussi vendu avec un gant thermique qui te permet de manier super facilement l'engin et tes cheveux sans te brûler. J'ai aimé aussi le fait que tout rentre dans la trousse qui est vendue dans la boite. Idéal pour voyager !

remington styler kit

trousse remington kit styler

Niveau utilisation, c'est simple. On clipse l'embout dans le "socle", on verrouille à l'aide du bouton et on choisit sa chaleur. Le fer à boucler conique est hyper facile à utiliser et en 3-4 minutes on se retrouve avec une vraie coiffure de diva. Quant à la brosse (qui n'est pas soufflante en fait) c'est un peu comme utiliser des rouleaux chauffants mais en plus rapide. J'ai vu plusieurs fois des vidéos de The Make Up Chair qui utilise des rouleaux chauffants pour son brushing et j'ai toujours trouvé l'effet bluffant. Malheureusement j'ai les cheveux encore un peu trop court et pour le moment cette brosse me donne juste une coiffure trop old school. Elle sera donc parfaite pour les cheveux longs. Tu peux aussi acheter d'autres embouts pour le Styler Kit même si je trouve que ceux de base sont déjà bien suffisant. 

bouton lock chaleur remington fer boucler

On m'a demandé si le fer n’abîmait pas les cheveux et malheureusement, comme tout appareil chauffant ce n'est pas vraiment l'idéal pour les pointes. Il faut utiliser un serum protecteur avant ou n'utiliser le fer qu'occasionnellement. 

Tu l'auras compris, je suis assez contente de ce test avec une large et net préférence pour le Styler Kit qui est pour moi le truc facile et rapide pour te faire des boucles de dingue. Le truc à avoir chez soi, sans la contrainte des 4h de séchage en papillote (même si je plussoie, la papillote elle, n’abîme pas tes cheveux). En plus, Comme son petit copain, il a un prix tout à fait abordable, soit 49.99€ ce qui je pense, peut être un cadeau idéal à demander à ce bon vieux Papa Noël...

Hein ?

Qu'est-ce t'en dis ? A nous les boucles de fou pour les fêtes ?

résultat styler kit odile sacoche remington


♥ ♥ ♥

Le prix recommandé pour le Styler Kit Your Style est de 49,99 € et de 34,99 € pour le Dryer Kit Your Style.
Les prix recommandés pour les accessoires varient de 3,99 € à 12,00 €.
Le tout est disponible depuis octobre 2014 dans presque toutes les boutiques d’électroménager.

D'ailleurs, tu peux retrouver pleins de vidéos sur la chaine Youtube de Remington Europe :
des tutos pour le Styler Kit
et des tutos pour le Dryer Kit
Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 21 novembre 2014

Ma vie de styliste #1

Cela fait plusieurs fois déjà que l'on me demande de faire un article sur mes études et sur mon métier. J'ai longtemps hésité à le faire car il y a 2 sujets que je n'aborde jamais ici : ma vie privée (amoureuse ou familiale) et ma vie professionnelle. Et ce, pour la même raison pour laquelle je ne montre pas ma tête : je ne cherche pas à être reconnue (ni même connue). L'internet belge et la mode belge sont des milieux tous petits, et cela me gêne encore toujours, après 3 ans de blogging, de dévoiler entièrement qui je suis. Le boulot ne sait donc pas que j'ai un blog, et le blog ne savait pas jusqu'ici en quoi consistait mon boulot. D'une certaine façon, je me protège. Mais j'ai repensé à la question et ce qui m'a fait changer d'avis c'est que je me suis dit que peut être, cela pourrait encourager certaines, donner des idées, et même, éclairer des lanternes. Parce que oui, je suis styliste, et c'est un métier qui en laisse pas mal curieux, voir parfois rêveur.

dessin odile sacoche copyright


Tout a commencé quand j'étais en primaire. A cet époque, il y avait 2 choses que j'étais sûre de savoir faire et pour lesquels j'éprouvais une certaine confiance en moi : le dessin et l'écriture. Quelques années plus tard, pour mes 13 ans, lorsqu'il a fallut choisir une option à l'école j'ai su directement celle que je voulais : art. Puis, est arrivée dans ma classe une espagnole. Si je me rappelle si bien d'elle c'est parce que c'est elle qui m'a appris à dessiner les figurines de mode. A ce moment là je ne savais pas du tout ce que c'était et c'est en montrant mes dessins que, mon frère je crois, m'a dit que ce que je faisais c'était du stylisme. J'avais alors 14 ans, et à ce moment là, je savais ce que je voudrais faire plus tard : styliste.

Je me rappelle encore que quand je l'ai dit à ma maman, au début elle n'était pas très chaude pour cette idée. Moi qui avait certaines facilités à l'école, je pense qu'elle me voyait plutôt avec une carrière d'universitaire. Mais je n'en démordais pas, je voulais être styliste. Je passais mes soirées à dessiner, à copier des modèles vus dans des BD de science fiction que j'adorais. Mes figurines de mode était tout ce que je n'étais pas : grandes, minces, avec des jambes interminables. Elles incarnaient tantôt la femme de soirée, tantôt la petite fille en pyjama. La littéraire ou bien l'aventurière. Quand je dessinais, je m'évadais. Je pouvais être qui je voulais.

Mais impossible de faire changer ma maman d'avis. Elle avait peur qu'en choisissant une carrière artistique je finisse mal. Il y a encore toujours cet espèce du cliché de l'artiste raté, tatoué, percé, drogué avec des cheveux de toutes les couleurs. Mais je me suis battue pour mes idées et nous avons passé un pacte elle et moi. Si je faisais l'option Math (6h) Science (5h) Langues (8h) , autrement dit l'option la plus forte de l'école où j'étudiais, j'aurais le droit de faire mes études de stylisme plus tard. Pour me familiariser à certaines techniques artistiques, moi qui ne connaissais que l'aquarelle depuis mes 7 ans, elle m'a alors inscrite dans une école d'art en extra scolaire.

J'étais une quiche en math, mais j'ai tenu bon. Tout ce qui comptais, c'était de rentrer le soir, finir mes examens, et dessiner. Comme je terminais mes interros toujours avant tout le monde (l'Univers m'a doté d'un don de rapidité assez puissant), mes profs pensaient que j'étais un cancre ou que je trichais. Mais non, je savais pourquoi j'étais motivée. Par la suite c'est devenu un petit jeu entre eux et moi, ils disaient qu'ils garderaient mes dessins pour le jour où je deviendrais célèbre.

Et puis est arrivé ce dernier jour dans ma classe de math. 17 ans. La fin des humanités. Le titulaire qui n'était autre que mon prof de math a alors décidé de faire un tour de classe pour savoir qui choisirait quoi comme étude l'année d'après. J'étais entourée d'ingénieurs et d'informaticiens. Quand est arrivé mon tour et que j'ai dit fièrement que je serais styliste, ça a jeté un froid. Un silence. Toujours ce fameux cliché. Mais autant dans la vie tout me tient à coeur et je souffre encore beaucoup du regard d'autrui, autant ça, je m'en foutais. Être styliste c'était vraiment (ça l'est toujours) ma vocation. Peu importe ce qu'on me dirait, je ne changerais pas d'avis !

Le pacte était rempli, j'avais réussi mes études et ma mère m'a alors inscrit comme promis dans une école de stylisme. A l'époque cela s’appelait encore Bischoffsheim. Aujourd'hui l'école a changé en Hautes Ecoles Francisco Ferrer. Je suis arrivée dans une classe de vrais artistes dont beaucoup venaient des humanités professionnelles. La théorie était assez facile pour moi de part mon option forte à l'époque, et la pratique l'était aussi car je savais que j'étais faite pour ça. J'étais comme un poisson dans l'eau. Beaucoup de mes copines de l'époque ont fait des nuits blanches pour rendre des travaux en temps et en heure, mais j'étais tellement heureuse d'être là, que tout a toujours été expédié pour moi. Et puis n'oublions pas mon super pouvoir : la rapidité.

Concrètement dans cet école on apprend plusieurs métiers. Celui de modéliste, de styliste et de patronnière. Pour faire simple, la styliste dessine le modèle, le crée. La modéliste fera une toile du modèle pour faire de cette création un modèle 3D. Et la patronnière fera les patrons papiers de ce modèle ainsi que la gradation (la gradation c'est ce qui permet d'avoir un même modèle en 36-38-40-42-44-46 etc....). J'ai donc appris les 3 métiers, mais de base, ma préférence s'est portée pour le stylisme et le dessin. Je ne suis pas assez manuelle pour le modélisme, et pas assez matheuse pour le patronnage. Si je le précise c'est que dès le début il est important de choisir où on veut aller. Par la suite, il est rare d'être engagée comme modéliste si on a fait que du stylisme et vice versa.

Pendant 3 ans donc, j'ai eu des cours de création papier, toile et tissu. Mais aucun cours de couture (oui je sais c'est une aberration). Je n'ai pas eu non plus de cours de dessin sur ordinateur (ce qui maintenant est au programme de cet école). J'ai du rendre des dossiers, dessiner des accessoires, construire des costumes pour le festival du film fantastique, faire un défilé complet de 5 modèles accessoirisés pour ma dernière année,.... Bien sûr il y a aussi eu les stages en entreprises, les cours de dessins, de croquis,.... Je pourrais t'en parler pendant des heures. Je dirais que l'école que j'ai faites est une école assez correcte bien que sa renommée ne soit pas aussi internationale que l'école d'Anvers ou de la Cambre.

A vrai dire, il ne m'est jamais venu à l'idée de faire la Cambre ou Anvers. Jamais venu à l'idée non plus de devenir célèbre, de créer ma marque. Cela n'a jamais été mon intention de vivre de gloire et de paillettes. Moi tout ce que je voulais finalement, c'était dessiner. Et c'était pour ça que j'étais douée : dessiner... Des vêtements...

(à suivre)

♥ ♥ ♥

Illustration : création propre non libre de droit !
Rendez-vous sur Hellocoton !