Freelance ♥ Où j’en suis ? Bilan de 10 mois

blog belge lifestyle freelance illustration

Comme tu as pu le comprendre dans mon dernier article où j’entrais dans la lumière, ma situation professionnelle a quelque peu changé. Je me suis dit que ce serait bien que je t’en parle car mon quotidien est complètement bouleversé en ce moment et un petit « refresh » de mon statut de freelance me semblait bien d’actualité. Pour commencer, allons droit au but : OUI, j’ai démissionné, NON, je ne me suis pas installée comme freelance à temps plein. Cette précision me semblait vraiment utile à faire. « Mais ? Si tu as démissionné c’est pour faire quoi alors ? » C’est là que tous ces changements prennent tout leur sens…

Comme tu le sais (et si tu ne le sais pas), je suis styliste depuis 10 ans maintenant. Enfin je suis… J’étais. Car oui, j’ai décidé de mettre « cette activité » entre parenthèse pour une période indéterminée. Pour t’expliquer ce choix, il est bon de revenir en arrière. À l’année de mes 14 ans, quand j’ai pris conscience que ce que je voulais faire dans la vie, c’était dessiner. À cette époque, ma soeur avait un ami illustrateur qui m’a dit mot pour mot : « Ne fais surtout pas l’illustration« . Parce qu’il ne vivait malheureusement pas de ce statut et que c’était très difficile d’en sortir financièrement. Qu’il n’y avait aucun débouché (les fameux). Je me rappelle à quel point ce qu’il m’avait dit m’avait refroidie. Du coup, je me suis dirigée vers le stylisme. Pour la mode ? Un peu. Pour le dessin ? Surtout ! Sauf que. Sur le terrain, du moins de mes 10 années d’expérience, cela ne se passe pas vraiment comme on le croit. On pense que la vie de styliste c’est strass, paillettes et défilés, mais pas du tout. J’ai travaillé dans l’importation textile pendant ces 10 dernières années, et j’en garde pour le moment un souvenir un peu triste. Oui j’aime terriblement ce métier, mais pas du tout l’atmosphère qui y règne. Il faut travailler beaucoup, tout donner, mais surtout, tout donner aux autres et tout recommencer 75 fois (souvent pour des raisons budgétaires). Oui je créais. Mais je ne créais pas ce que je voulais, ni comme je le voulais. Je répondais aux demandes, aux clients, aux chiffres. Ah ces fameux chiffres qui ont l’art de nous bousiller la vie. Outre tout ça, le blog, comme tu le sais, a pris de plus en plus d’importance, et mon boulot de journée ne me laissait pas le temps, ni l’occasion de m’impliquer dans ma passion. Car comme je te le disais, je devais pouvoir tout donner avant, pendant, après. Incomprise, j’ai vite eu le rôle de la fonctionnaire de base qui voulait rentrer à l’heure à la maison. Dans le fond, je sais pourquoi je voulais rentrer. Toi aussi…

En réfléchissant à tout ça, au fait que je me sois retrouvée à plusieurs reprises, dans plusieurs boites, sur des managers en mal de management, j’ai doucement commencé à comprendre que je n’avais pas la personnalité qui « fittait » à une entreprise. Du moins, pas aux entreprises de la mode. À cet univers féminin en mal d’égo, qui veut assoir son pouvoir… Tu penses paillettes, je pense Meryl Streep dans le Diable s’habille en Prada. Tout est question de perception.

illustration nuage blog belge

Alors je me suis dit : « Odile, que veux-tu faire de ta vie ? » Ce à quoi j’ai auto-répondu : « Je veux construire mes rêves, et travailler pour ou avec quelqu’un qui me laissera faire« . C’est comme ça que j’ai pensé à démissionner. Mais surtout à me réorienter professionnellement. Outre le fait que je n’étais pas épanouie dans ma fonction, j’avais aussi vécu une faillite (dont je te parlais ici). Le milieu de la mode belge ne va pas très fort, la concurrence est rude, les employeurs ne courent pas les rues. J’ai pensé qu’à 40 ans je serais juste « out » et plus personne ne voudra d’une vieille styliste aigrie. Et qu’en plus, à 40 ans, comment justifier une carrière de 20 ans dans la mode et tenter de changer de métier car les Primarks auront bouffé tout le monde ? Aujourd’hui j’ai 30 ans tout juste passé, je suis jeune, dynamique, pétillante aux dires de certains, c’était LE moment M pour changer de voie. Et puis, mes rêves d’ado de 14 ans n’avaient-ils pas mués en quelque chose de plus grand et de plus fort à l’aube de mes 32 ans ?

J’ai donc démissionné. J’ai pris mes clics et mes clacs, comme on dit, et je suis partie. Pour un avenir que j’espérais meilleur.

Aujourd’hui je m’occupe d’un service client, par mail et sur les réseaux sociaux. Je ne peux que dire merci à Odile Sacoche qui m’a accompagnée jusque dans mes entretiens. Elle était fière d’être là, et de pouvoir enfin s’affirmer. Elle m’a ouvert la voie. Les réseaux sociaux ? Oui elle sait le faire ! Écrire ? Ça aussi elle sait. Faites-lui confiance, moi Odile Sacoche je me porte garante pour la gamine. Et ils ont décidé de me faire confiance. Depuis 2 semaines je gère des mails et des insatisfactions. Si cela me dérange ? Pas du tout. Si ça me change de mon quotidien créatif ? C’est effrayant comme oui. Je ne m’attendais pas à un tel choc « culturel ». Mais si je suis contente ? Oui aussi.

J’ai lu que Guy de Maupassant a trouvé l’inspiration de ces livres dans son quotidien de fonctionnaire car le soir quand il rentrait, c’était la place à ses projets. À sa créativité. Et pour moi, elle est bien là, encore plus forte que jamais, car elle est là à 100% pour moi. Pas tirée, usée jusqu’à la corde, pressée comme un citron. Pas pour gérer d’autres clients, d’autres acheteurs, d’autres demandes, d’autres changements, encore et encore et encore. Comme une vache à lait. Non, je bosse désormais sur mes projets. À moi. Rien qu’à moi. Avec mes couleurs. Mes inspirations. Ma façon de dessiner. C’est con à dire mais je me redécouvre. Je ne me savais pas à dessiner des poules de luxe. Je ne me savais pas à créer des bannières. Qui moi ? J’ai tout ça dans le ventre et dans la tête ? Je sais faire des vidéos aussi ? Et mener des séances photos ? C’est complètement dingue ! Mais qui étais-tu avant ?

illustration odile sacoche

Alors voilà. Tu sais tout. Je suis complètement bousculée dans ma zone de confort de 8h à 17h la journée. Et je me redécouvre le soir. Je crée. Je dessine. Fini les secrets. Fini la culpabilité de quitter le boulot à 17h. Même si cette fameuse zone de confort est mise à rude épreuve, et que je dois encore plus organiser mon temps, j’ai confiance. Et ça, comme j’aime à le dire, c’est beau ! Mes projets je peux les construire à mon rythme, et j’ai confiance qu’ils aboutiront. Et c’est bien ce que je te répète toujours : personne ne te demande de tout quitter du jour au lendemain. Il y en a pour qui ça marche comme ça, et d’autre pour qui il faut du temps. Le principal c’est de le faire. Voir grand, avancer petit.

Je ne regrette pas une minute les choix faits cette dernière année. Je ne suis pas encore milliardaire (puisque c’est souvent la question qui est sur toutes les lèvres) mais je suis suffisamment riche que pour pouvoir enfin me racheter du matériel de pro. Je ne peux pas tout quitter demain pour être à 100% blogueuse-créatrice-infographiste-illustratrice, mais ça n’a pas d’importance. Je m’envole. Je me dis que je le fais, et c’est ça qui est merveilleux. Je sais que j’y arriverai. Tôt ou tard. Comme je te le dis toujours, vis tes rêves ! Peu importe comment. Juste, fais-le. C’est ça qui compte. Définitivement.

♥ ♥ ♥

17 Replies to “Freelance ♥ Où j’en suis ? Bilan de 10 mois”

  1. Très bel article Odile. J’aime ton audace, ta persévérance et ta richesse humaine. Tu dois être une sacrée chic fille et si un jour je te rencontre, je réaliserais un de mes rêves 😀 #onestriche ♥
    Des fois, j’ai envie de tout plaquer aussi. Mais pour l’instant, j’ai des contraintes financières trop importantes pour prendre ce « risque » de partir sans savoir où je vais. Vivement que je sois libérée, délivréééée ! comme toi 😉

    1. rÔh dis donc !!
      Je rougis maintenant.
      Un jour se verra, c’est sûre ! (quand, ça je ne sais pas, faudra prendre Sandra avec aussi 😉 )
      Je comprends les contraintes financières, je les ai aussi, c’est pour ça : step by step !

  2. Bonjour Odile, je te souhaite le meilleur. En tout cas je suis très satisfaite de la bannière que tu m’a vendu, et je te remercie encore pour ta réactivité lors de mes multiples questions.

    1. Merci beaucoup, et merci de ta confiance aussi !
      Longue vie à ton blog !

  3. Superbe cet article, cette énergie, cette volonté et cette détermination à faire ce qu’il faut pour être celle que tu veux être ! Félicitations. Sortir de sa zone de confort c’est ça la clé ! Ce n’est pas simple, ce n’est pas tout lisse et facile, mais au final ce que tu as décidé c’est ce qui te ressemble et être en harmonie avec soi-même c’est important! Moi je les ai dépassé ces 40 ans, je ne sais vraiment pas dans quoi je me verrai d’autres que ce que je fais aujourd’hui, alors comme Guy de Maupassant, en rentrant le soir, je laisse place à mes projets! 😉
    En ce qui te concerne, je sais déjà que tu as de l’or au bout des doigts et de la magie dans la tête !

    1. Merci 🙂
      Et puis… Merci aussi. Et encore merci
      Ton commentaire est très touchant et encourageant

  4. Quelle joie de lire tant de positif ! Quand on a suivi tes hauts et tes bas, ça fait vraiment plaisir.
    Et ça me montre une fois de plus à quel point internet, c’est plus que des articles par écrans interposés, parce que tu vois, on ne se connait pas vraiment toi et moi, et pourtant, j’ai eu un grand sourire tout le long de l’article, rien qu’à l’idée de savoir que les choses allaient bien pour toi. Et ça, c’est plutôt cool, je trouve.
    Alors je ne peux que te souhaiter de continuer sur ta lancée, mais à vrai dire, je ne me fais pas de soucis pour toi !
    Des bises !

    1. Et ça fait toujours plaisir de revoir les mêmes « têtes » ici aussi d’ailleurs 🙂
      Limite j’attends tes commentaires plus que les autres ^^
      Comme tu dis, internet, c’est magique ! (en quelques sortes)

      1. Oooh tu es trop chou ! J’en suis toute « émouvue » ! Merci pour ce joli compliment !

  5. Tout d’abord bonjour à toi 🙂

    ton article est fabuleux, particulièrement parce que je ressent exactement la même chose que toi au début de ton article maintenant. J’ai eu un déclic, le déclic qui me fera bientôt me lancer. C’est bon à savoir, je ne suis pas la seule! Dans un tout autre domaine, mais voilà, moi aussi un jour j’espère prendre mes clic et mes clacs et faire comme toi. Merci pour cet article, et je ne peux te souhaiter que la réussite,

    1. Il y a d’abord le déclic, et puis après il y a la construction. Rome ne s’est pas fait en un jour 🙂
      Bonne chance !!

  6. Ohh contente que tu te souviennes de l’anecdote de Maupassant <3 Ton post est très inspirant ! Bravo pour ta force !!

    1. c’est toi qui me l’avait raconté ? Je pense que je l’ai lu aussi ^^
      Huhu

  7. Coucou,
    Je suis une élève de terminale et c’est en ce moment la terrible période des choix d’orientation post-bac. J’hésite entre la voie prépa scientifique, ou tenter des études en arts appliqués qui sont ma passion. Ton article m’a donc fait très peur c’est vrai; peux tu me dire si tu penses qu’il y a tout de même des débouchés et des opportunités de s’épanouir dans des domaines comme le graphisme ou le design d’espace par exemple?
    Merci beaucoup et continue d’être super 🙂

  8. J’adore ton optimisme et ta positivité! Tu boostes tout le monde avec ce genre d’article et on se sent pousser des ailes. Tes mots sont une source d’inspiration pour les blogueurs en herbe. Je suis à la recherche de mon futur.
    Je te félicite pour ton choix de vie et je te souhaite le meilleur pour tes projets.

    1. Merci merci 🙂
      Je suis contente si ça peut aider d’autres personnes (huhu c’est un peu le but en plus :p )

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