Vie Professionnelle

Interview de Belge une fois

18 octobre 2016 by
entrepreneuriat belge marque bruxelles

J’ai découvert cette marque sur Instagram je pense, et son succès ne m’a pas échappée. Aussi, j’avais envie de partager avec toi l’aventure de Natacha et Arthur, le jeune couple qui se cache derrière la marque Belge une fois. Un concept store d’une part, une marque de vêtement et d’accessoires de l’autre. Mais surtout, surtout, un vrai coup de cœur et un parcours « belge » super motivant. Je me suis donc rendue à la boutique située à la Rue Haute près du Sablon (dans le centre de Bruxelles) et j’ai rencontré Natacha avec qui j’ai joué au petit reporter.

Bonjour Natacha, pourrais-tu te présenter, présenter la marque et votre concept store « Belge une fois » ?

Bonjour, je suis Natacha, j’ai 27 ans et avec Arthur mon compagnon nous avons créé la marque « Belge une fois » en avril 2015. Une marque de textile et d’accessoires (badge, magnet,…) et deux concept stores à Bruxelles où l’on retrouve aussi bien des objets de déco chinés, que des produits de créateurs belges (qui sont d’ailleurs devenus des amis). L’idée du concept store est venue après avoir fait un pop up store « belge » : ça avait vraiment bien fonctionné et les gens étaient un peu tristounets que cela se termine. On a donc fait le pari fou avec Arthur de prendre un bail locatif, et suite à une campagne de crowdfunding, nous avons créé notre premier concept store en novembre 2015. On a aussi créé un petit bar, dans le concept store, le « Chill & Food » où l’on peut consommer des produits locaux belges tout en faisant son shopping. On organise aussi des concerts et des évènements. L’idée c’était vraiment de promouvoir le « made in Belgium », les créateurs belges, la musique belge et de le faire, avec le coeur.

concept store sablon bruxelles

Quel a été votre parcours professionnel avant de créer la marque «  Belge une fois » ?

Moi j’étais graphiste et Arthur était constructeur de décor pour la publicité et le cinéma. Très vite Arthur a commencé a bosser avec moi sur mes graphismes et moi avec lui sur les tournages. A cette époque je faisais des bijoux et je faisais beaucoup de petits marchés. J’ai commencé à faire les badges Belge une fois et il y avait beaucoup de demande, donc au final mon stand devenait de plus en plus « Belge une fois ». Voyant le succès, on s’est dit qu’on allait arrêter nos activités pour se lancer à fond dans la conception de la marque.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer à fond dans ce projet ? Avez-vous suivi la vague  ou étiez vous poussé par une envie de liberté ?

On a toujours eu envie de travailler ensemble. Et puis un jour, après une dispute, j’ai créé le poster « Belgicisme une fois » que j’ai mis sur un marché. Quelqu’un a pris une photo et on a retracé plus de 100.000 partages sur Facebook et les réseaux sociaux. Mes amies m’ont prévenue du buzz créé autour de cette affiche. Arthur m’a même dit à la boutade : « On devrait se disputer plus souvent, ton poster est génial ! » Du coup, tout est parti de cette idée, que j’avais fait un soir pour me défouler, que j’avais fait pour moi, pour affirmer ma fierté d’être belge tout en humour. Donc tout est parti d’un besoin personnelle en fait : créer quelque chose que je ne trouvais pas sur le marché. On voulait affirmer notre belgitude avec des messages simples, fins et drôles. Après, on est tous les deux fils / fille d’indépendant, donc on a grandit dans cette idée de liberté, d’être son propre patron, de choisir ses horaires, etc. Même si au final, on travaille plus que lorsqu’on était employé.

belgicisme une fois

Est-ce que vos produits sont aussi « Made in Belgium » ?

Nous faisons nous-mêmes les badges, les magnets et les petits accessoires, ici, derrière le comptoir. Découpé à l’ancienne, avec amour. Tous les textiles sont sérigraphiés à Bruxelles. Par contre le textile est fabriqué et cousu au Bangladesh mais de manière fairtrade. Éthiquement tout est correct et le coton est même bio. Malheureusement, il devient de plus en plus difficile de travailler le textile en Belgique, surtout si on veut proposer un prix abordable. Le produit fini est importé du Bangladesh mais tout est dessiné ici en Belgique, et imprimé à Laeken chez un petit imprimeur qui fait ça dans sa maison. On essaye d’être au plus proche de notre mentalité, et si possible faire travailler des gens d’ici, en faisant tourner l’économie locale tout en proposant un produit que tout le monde peut s’acheter.

Graphiste, blogueur, concept store, comment vous répartissez vous tout le travail ? Est-ce qu’en temps que graphiste, vous travaillez encore pour d’autre clients ?

On a eu la chance de pouvoir vite engager une employée à mi-temps qui s’occupe des commandes sur l’eshop, mais aussi du concept store au Sablon. Je m’occupe de la communication (blog, mail, réseau sociaux,… ), du graphisme et de la compta. Arthur s’occupe pas mal de la construction (l’aménagement des magasins) et il m’aide aussi un peu avec le graphisme. On est assez complémentaire et tout le monde a un peu trouvé sa spécialité. On communique et on avance ensemble. Mais, oui, on a encore quelques contrats avec d’autres sociétés en tant que freelance, assez ponctuellement, si on a le temps (ce qui devient de plus en plus difficile). On fait encore parfois des évènements en tant que photographe, on participe à la vie de blogueur. C’est chouette, on a plein de casquettes !

boutique belge bruxelles

Comment se déroule une journée type chez « Belge une fois » ?

Il n’y en a pas vraiment. Toutes les journées sont différentes, surtout car tout a été si vite entre le pop up, la création du concept store, la marque,… On fait vraiment de tout et on n’a pas le temps de se poser. Mais s’il faut s’enfermer une semaine à la mer pour réfléchir à ce qu’on va faire, on le fera. En général, tout se fait un peu au feeling.

Est-ce que votre présence sur les médias sociaux (blog, Instagram, Twitter, Facebook,…) vous semble indispensable pour faire connaitre votre marque ? Comment gérer vous votre image sur ces médias ?

On est très actif. Le blog nous prend beaucoup de temps aussi. On a voulu tout de suite montrer que nous étions deux personnes normales : Natacha et Arthur, deux petits jeunes qui ont voulu lancer leur truc. On veut que les gens se rendent compte que s’ils achètent au concept store « Belge une fois », ils vont aussi faire tourner l’économie locale et encourager plein de créateurs belges. Ici, tout est « unique ». C’est ça qu’on veut montrer, qu’on est humain. Pour moi, c’est primordial, le côté accessible et humain.

Selon vous, quels sont les avantages et les inconvénients d’être entrepreneur ?

Quand tu es employé, et que tu travailles de 9 à 17h, à 17h ta journée est finie. Ce n’est pas le cas quand on est entrepreneur. Les journées ne se terminent jamais vraiment, surtout avec le blog par exemple (on va aux events, on répond aux mails, etc.). Les journées sont longues et financièrement, on ne s’y retrouve pas toujours comparé au temps investi. C’est un peu le hic.

Par contre, ce qui est génial c’est que quand tu reçois un compliment, il est pour toi et pas pour ton patron. C’est très valorisant. On fait les choses à son image, comme on veut, comme on aime. Si je veux tout changer, je change tout. On a énormément de liberté. Lorsqu’un média nous contacte, qu’on se fait interviewer, c’est juste incroyable. Si un jour on m’avait dit qu’on serait dans le Elle Belgique, ou qu’on ferait des chroniques sur la radio Pure FM, je ne l’aurais pas cru. C’est le côté magique d’être indépendant : il y a des opportunités qui se font auxquels on n’aurait pas pensé. Voir notre entourage fier de nous, c’est aussi super beau. Cette valorisation est vraiment motivante.

Auriez-vous des conseils à donner à quelqu’un qui veut se lancer dans la création d’entreprise mais aussi dans la création de sa marque de produits déclinés ?

Ce que je dis toujours c’est qu’il faut y croire soi-même. Il faut aller jusqu’au bout, même si c’est dure. Rome ne s’est pas fait en un jour. Créer sa boite ça demande beaucoup de temps et d’investissement personnel. Notre force c’est d’être deux, on s’encourage pour ne rien lâcher et tout donner. J’admire ceux qui font ça tout seul. Ensuite, il faut vraiment être convaincu de son idée et s’entourer au mieux. Toujours bien écouter, même les conseils négatifs pour avoir le recul nécessaire. Ne lâchez rien ! Même si la marque a été créé l’année dernière, ça faisait 3 ans que je faisais des marchés. Il y a des jours où je ne gagnais que 25€ et où le marché me coûtait plus cher que ce que je vendais. Ça semblait fou, et on bossait énormément mais tout ça nous a formé. Rien n’est jamais acquis. Prenez votre temps et pensez bien au projet (plan financier, bon comptable, etc.).

bodies bébé belge marque

Un dernier mot à ajouter ?

Si vous avez une idée, faites-le le plus tôt possible. Quand on est jeune, on a la vie devant soi (surtout si on n’a pas d’enfant). Il n’y a pas d’âge pour lancer son projet. On me disait : « Et quoi, tu vas gagner ta vie en vendant des badges ?« . Et bien oui ! Il n’y a pas d’âge et surtout, il n’y a pas de budget à avoir ! Vous pouvez tout lancer sans argent, je le dis haut et fort : avec un minimum on peut faire beaucoup. Tu fais un pull, tu le vends, t’en achète deux, et ainsi de suite. On a fait tout ça sans argent, petit à petit. Pour un créateur, avec une base de 1000€ (ce qui n’est pas énorme dans l’entrepreneuriat), avec les systèmes de couveuses d’entreprises, les microcrédits, on peut aller super loin ! Au début par exemple, je louais la machine à badge. Il y a plein de systèmes actuellement qui nous permettent de tester son activité, sans devoir investir 10.000€. Il y a plein de solutions qui s’offrent à vous.

Persévérez, persévérez et… Persévérez !

t shirt belge une fois marque bruxelles

♥ ♥ ♥

Belge Une Fois c’est un blog, un eshop mais aussi un concept store au 89 de la Rue Haute au Sablon, et derrière la Grand Place dans le centre ville de Bruxelles

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