Meet Martha Stewart

mean girl ego critique interne

J’étais en train de scroller mon feed Facebook. Tu vois, je ne suis pas complètement désintoxiquée des réseaux sociaux, et Facebook étant le seul réseau que j’ai gardé, ce matin-là, un café à la main je scrollais. C’est comme ça que je suis tombée sur l’article d’une blogueuse que je ne suivais plus qui expliquait comment elle était devenue blogueuse pro. A vrai dire, je ne sais pas pourquoi j’ai cliqué, je ne sais pas pourquoi je l’ai lu, dans le fond, mon « vrai moi » savait que ça me ferait du mal. Mais je l’ai lu. Après tout, je suis un être humain. Et c’est là, que Martha Stewart s’est manifestée dans ma tête.

« Tu vois, elle y est arrivée, et pas toi. Quand je pense qu’elle a ouvert son blog après toi… Peut-être que si tu continues de lire l’article tu sauras comment faire ? Parce que clairement toi, tu ne sais pas comment faire. Franchement tu laisses ton blog à l’abandon depuis des mois… La gêne ! Et puis, faut que je sois honnête avec toi, ce que tu fais ça ne sert à rien. Mais vraiment. C’est complètement inutile. Alors pourquoi tu continues ? De toute façon tu ne seras jamais cette blogueuse, tu n’as pas son talent. Non vraiment. Je dis ça pour ton bien, arrête tout de suite. Tu sais cette liste de toutes les choses que tu avais envie de faire, celle que tu as écrite pendant les vacances ? Ne les fais pas. Ça ne sert à rien, tu n’arriveras pas au bout, tu n’auras pas le temps et en plus tu n’arriveras pas à le faire comme tu le veux et le résultat sera moche. Écoute moi, ne te fais pas du mal pour rien. Arrête de rêver et continuer de te plonger dans Outlander, cette série te fais vraiment du bien. Vraiment, ne t’y remets pas, un blog de plus dans l’Univers, cela n’apporte rien à personne, depuis le temps, tu es complètement dépassée… »

J’ai fermé le clapet de ma tablette. Je me suis mise à réfléchir. J’avais de la peine. Je me suis dit : « Elle a raison, c’est mieux que j’arrête. Il me reste 2 jours de congé, je ne vais pas les dépenser à remettre le blog sur pied, parce que de toute façon, dans 1 semaine j’en aurais déjà marre ».

C’est à ce moment-là, qu’une autre minuscule petite voix s’est manifestée. « Non » a-t-elle dit.

Non.

« Non, ne te lance pas encore dans ce schéma. Non, n’écoute pas Martha Stewart. Non, ne la laisse pas gagner. Vas te refroidir les idées (je me suis lavé les cheveux), et prends ton clavier. Tu peux le faire, et tu le feras pour toi ! Ne la laisse pas gagner ! »

Et comme ça, j’ai pris mon clavier pour te parler de Martha Stewart.

Martha qui ?

Selon Melissa Ambrosini, dans son dernier livre « Mastering Your Mean Girl« , nous avons toute cette voix dans notre tête. Et je te sens acquiescer de la tête. Je dirais même que lorsque Martha Stewart s’est mise à me parler, tu t’es dit que toi aussi tu l’entendais. Martha Stewart, c’est notre Mean Girl, autrement dit, notre méchante fille. C’est notre égo. Et notre égo, crois-moi, ne nous veut pas que du bien.

L’égo, il veut prendre toute la place. Il veut tirer la couverture pour lui. Il veut gagner, briller, être reconnu. Il veut être la star. Il veut que tout soit parfait, et pour que tout soit parfait, il se compare. Il regarde le jardin d’à côté qui est magnifique, et pour éviter de souffrir (parce que, ça peut être difficile d’entretenir son propre jardin), il te dit d’emblée que ce se ne sera pas possible d’avoir le même. L’égo, c’est ce boulet à ton pied qui t’empêche de faire des choses. L’égo, c’est celui qui te dira que c’est mieux de rester dans ton canapé plutôt que de tenter de faire quelque chose. Parce que, si ce que tu fais n’est pas « parfait », selon lui, cela ne vaut pas la peine. L’égo se nourrit de peur. Il t’empêche clairement de vivre la vie que tu veux. Moi, cette Mean Girl, cet égo, j’ai décidé de l’appeler Martha Stewart, symbole de la femme parfaite. Parce que Martha, elle mène tout de front.

Un égo trop protecteur

En fait, notre égo ne nous veut pas que du mal. Du moins, pas complètement. Ce qu’il veut finalement c’est nous protéger des dangers, de la souffrance. Sans lui, et sans ce brin de « conscience », on traverserait la route sans regarder et on se ferait direct écraser par une voiture. Sans lui, et sans cette petite peur toujours un peu présente, on passerait notre main sur une flamme et on se brûlerait. Dans la théorie, l’égo nous veut du bien. Il veut nous empêcher de souffrir. De nous faire mal. Voir de mourir. Sauf que cet égo a tendance à tout mélanger et que c’est un sale petit trouillard. Il confond « danger de mort » et prise de risque. Il se nourrit des critiques que tu reçois, celles qui ne viennent pas du coeur, celles qui sont faites pour te faire mal et il les réutilise contre toi. Il t’enferme dans une sorte de cercle vicieux au beau milieu de « la vallée de la peur ».

Après avoir lu le livre de Melissa Ambrosini cet été, je me suis rendue compte à quel point Martha Stewart pouvait prendre le dessus et m’empêcher complètement de faire des choses. Elle m’empêche simplement d’essayer. Quand j’ai ouvert ce blog, je ne le faisais que pour « me sentir mieux ». Pour « tuer mes dimanches ennuyeux ». J’avais juste besoin de parler, de partager. D’écrire. De sortir tous ces (res)sentiments que j’avais en moi. Lorsque Martha s’est rendu compte qu’elle pouvait en tirer un peu de gloire, elle a pris les devant. Elle s’est dit qu’elle pouvait briller de mille feux, devenir une star, être aimée, adulée, chérie. Peut-être même signer des autographes en rue. Quand elle a réalisé que ce n’était pas comme ça que ça marchait, elle m’a simplement mis en tête que tout était de ma faute et que si je n’avais pas été une grosse nulle depuis le début, cela ne serait pas arrivé… Je me suis donc nourrie de ses critiques, et des critiques des autres. Me disant que cela ne valait tout simplement plus la peine d’essayer. Je me suis construit une jolie petite maison dorée dans « la vallée de la peur ». Si je ne fais rien, je ne serai pas critiquée ni par les autres, ni par Martha, et tout ira pour le mieux. Ainsi, Martha dormait en paix, et mon « vrai moi » à l’intérieur se nourrissait de vieux pain rassit.

Faire les choses pour soi-même

Mais petit à petit, j’ai découvert le secret de Martha et j’ai appris à la reconnaître. J’ai compris que quand elle se manifestait, il ne fallait pas entrer dans un rapport de force avec elle et ne pas tenter de l’évincer. De toute façon elle aura le dernier mot. Il fallait plutôt « l’entendre » (et non l’écouter) et se demander d’où venaient toutes ces critiques. D’où sort-elle tout ça cette foutue Martha ? Quand j’ai commencé à dresser la liste de toutes ces choses que j’avais envie de faire (j’y reviendrai), j’ai ressenti une vraie joie. Je sentais les étoiles dans mes yeux, je me sentais vivante. Je me disais que j’avais plein de choses géniales à faire, ou à dire. Je me voyais déjà faire telle ou telle chose. Je retrouvais le sourire. En réalité, c’était mon « vrai moi » qui échafaudait un plan d’évasion. La solution pour passer en travers des mailles du filet de Martha, c’était de me reconnecter à cette joie.

Dans son livre, Melissa Ambrosini explique que nous avons toujours le choix. Il s’agit de choisir entre la peur et l’amour. Et lorsque Martha parle, se demander si son discours vient de l’amour ou s’il vient de la peur. Il en va de même pour une critique. Lorsque quelqu’un te dit quelque chose, demande-toi si cette personne le fait par amour (pour te faire avancer) ou par peur (pour te saper le moral).

Ce n’est pas un chemin facile. Il y a des jours où Martha prendra le dessus, mais je pense que la première étape c’est déjà de la reconnaitre. Se rendre compte que cette critique interne, ce n’est pas vraiment nous. Ne nous résumons pas à cette voix qui nous flagelle. Ne prenons pas racine dans « la vallée de la peur », et tenons nous à notre plan d’évasion. Reprenons notre liste et attaquons-nous au premier point en faisant un petit pas pour l’atteindre. Il existe une contrée magnifique, flamboyante, lumineuse, pleine d’idées, de projets et de réalisations. En route ! Tu as toutes les ressources nécessaires pour y arriver. Le chemin pour y arriver est simple : cette contrée se trouve juste fond de ton coeur. Et je te promets, qu’il y fait bon vivre !

 

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10 Replies to “Meet Martha Stewart”

  1. Super article, dans lequel je me reconnais totalement ! Merci 🙂

  2. Martha Stewart sors de cette tête et ne reviens pas, oust! Odile, tu as ta place et comme à chaque fois, c’est un plaisir de te lire ❤

  3. Très chouette article … toujours aussi agréable de te lire !
    Pstttt … Martha est pas parfaite, elle a même fait de la taule ! Comme quoi même derrière les personnes les plus parfaites ( en apparence) il y a des failles. 🙂

    1. Merci beaucoup
      Oui j’ai opté pour le cliché Martha Stewart j’avoue 😉

  4. Coucou,
    Qu’est-ce que j’ai pu l’entendre cette petite voix (qui ne me disait que des choses négatives) … Et puis, je me suis décidée à l’écouter, mais ne pas la laisser gagner. Elle revient, réessaye, surtout depuis que j’ai ouvert le blog, mais NON, elle ne gagnera pas cette bourrique! Nanmého, c’est moi qui décide! 🙂
    Merci pour ce bel article, parce que même si j’avais compris certains mécanismes de cette méchante, je ne m’expliquais pas tout… Et ton article a mit en lumière ce que je ne comprenais pas toujours.
    Je te souhaite une excellente soirée et t’envoie des bisous pailletés :*

    1. On ne peut pas la chasser complètement, mais on peut prendre le dessus sur elle et surtout se dissocier d’elle.
      On n’est pas cette petite voix ! c’est plus facile de se la représenter « physiquement » ça aide à la contrecarrer. C’est pour ça que j’ai pris le symbole de Martha. Je te conseille d’essayer ^^

  5. J’avais tellement l’impression d’entendre ma « mean girl » quand Martha Stewart parlait!! Combien de fois je me suis sentie nulle de ne pas voir mon blog décoller alors qu’il a 6 ans face à des nouveaux blogs de 4 mois avec une grosse communauté derrière. Et puis je me suis recentrée sur moi, j’ai regardé mes stats avec un regard nouveau et je me suis rendue compte que j’avais beaucoup plus de visites quand j’étais spontanée, quand je ne cherchais pas à faire un article juste pour rester régulière. On nous le dit tellement mais on ne veut pas l’écouter: le maître-mot d’un blog c’est la PASSION.
    En tout cas, je note le titre du livre qui a l’air super intéressant et qui nous fait réfléchir sur plein d’aspects de la vie. Merci pour la découverte!

    1. Passion et AUTHENTICITE
      Et puis, comme j’aime le dire, une recette qui fonctionne pour l’un, ne fonctionne pas forcément pour l’autre.
      chacun a sa recette de sauce bolo 😉
      Courage à toi !

  6. En commençant à lire l’article je me suis dit enfait notre Odile est schizophrène (humour bien sûr lol), cette article est super, tu écris vraiment bien, ça fait quelques temps que je te suis et ce n’est pas le premier où tu parles de la réussite des autres blog, c’est vrai que ça peut certains jours être frustrant on s’est pas toute dit un jour pourquoi la photo de mon chocolat chaud sur Instagram a 40 j’aimes alors que celui de la super blogueuse hyper suivi en a 10 000….. mais tu vois, tu es une blogueuse qui a réussi ! Peut être pas comme tu le voudrais mais je t’assure que si…. restes toi même.

    1. Oui je suis un peu schizo, lol tu ne savais pas ?
      héhé

      En effet, on ne se comapre pas toute, et franchement heureusement !! 🙂
      Merci pour ton gentil commentaire

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