Pour toi j’ai testé : une semaine sans téléphone… Ou presque !

digital detox se déconnecter

Cela s’est fort ressenti ces derniers mois que j’avais un grand besoin de me déconnecter. Quand j’y pense, la dernière fois que je me suis complètement déconnectée, c’était la première année où nous sommes partis en vacances ensemble mon homme et moi… C’était il y a 7 ans… À cette époque, nous partions dans le chalet de mes parents, dans un camping, au milieu de la forêt, sans connexion wifi. D’ailleurs, je n’avais pas de tablette, et on ne parlait pas encore de 4G. Depuis, je vis littéralement scotchée à mes écrans et ces dernières années, je me suis complètement perdue. Je suis passé du blog humeur, au blog beauté, au blog humeur, à la blogueuse pro, à la free-lance qui lance sa marque, à plus rien du tout. J’ai multiplié ma présence sur les réseaux sociaux, mon téléphone greffé à la main.

Cela n’a pas eu que du négatif. Comme je l’avais mentionné dans un de mes articles, cette soif de reconnaissance s’est traduite en une soif d’apprendre, et sans m’en rendre compte, je me suis formée à un nouveau métier. Depuis un an, je suis devenue content creator et community manager à temps plein, moi, styliste de formation. Je trouve que l’Univers à un sens de l’humour plutôt fin, puisque d’une certaine façon, je suis devenue blogueuse pro, mais pas à mon compte (et en alliant la sécurité de l’emploi, que rêver de mieux).

Depuis un an donc, j’ai pris conscience de tout un tas de choses. J’ai dû analyser le comportement des internautes pour le compte de mon travail, et comprendre les différentes stratégies web. Parallèlement à ça, les 6 premiers mois, j’ai aussi tenté vainement de monter ma petite société (qui entre temps s’est bien lamentablement plantée). J’ai continué à me former sur Instagram et Facebook. J’ai reçu un téléphone de société…. Un deuxième smartphone. Un deuxième compte. Encore plus de connexion. Il était donc temps, de couper le cordon des réseaux sociaux.

Une semaine en mode avion

Quelque temps avant de partir en vacances, j’ai écrit cet article qui s’annonçait comme un adieu, en disant au revoir aussi à ma « communauté » sur Instagram. Je n’en pouvais tout simplement plus. Et la veille de partir dans le Sud de la France, une idée est venue frapper à ma porte : « Et si je partais une semaine sans téléphone ? » Ça sonnait comme une petite révolution. C’était presque jouissif. Comme je suis aussi une angoissée atteinte de controlite aigüe, j’ai décidé de couper la poire en deux et de mettre mon téléphone en mode « avion ». En même temps, j’ai supprimé Instagram et Twitter de mon iPad pendant 1 semaine pour ne garder que Facebook et mes mails pour communiquer avec mes parents.

J’avais peur de ne pas tenir le coup, mais il s’avère que plus les jours avançaient et moins j’avais envie de rallumer mon téléphone. Dans cette spirale, j’ai également supprimé Instagram et Twitter de mon iPhone, et à l’heure où je t’écris, je n’ai pas l’intention de les réinstaller.

Ce que ça m’a appris

Tout d’abord, pendant cette semaine de vacances, j’ai vraiment pu être là. Je n’ai pas cherché à partager mes faits et gestes. J’ai profité du coucher de soleil avec mon homme, ou avec moi-même. On a passé des soirées en terrasse à refaire le monde, sans être interrompu par la vibration de mon téléphone. J’ai simplement profité du repas, du moment présent, sans avoir peur de « tout ce qui allait se passer pendant mon absence » et sans me dire « oh et si je partageais ça, ça va bien donner dans mon feed Instagram, ou faire marrer la galerie sur Twitter ».

Ensuite, petit à petit, l’envie d’écrire est revenue. J’ai en effet un tas de choses à partager, mais le fait de les partager tous les jours, à chaque moment de la journée, me faisait perdre de la « consistance ». Plus tu es présent sur les réseaux sociaux, moins tu en as à dire. Et finalement, tu partages une petite idée, plutôt qu’un article qui vaut la peine qu’on s’attarde dessus. Être partout, c’est aussi n’être nulle part.

Enfin, je me suis sentie (et je me sens encore) vraiment mieux. Le danger avec Instagram, c’est cette comparaison incessante avec la vie des autres. J’avais beau ne m’abonner qu’à des comptes inspirants, il n’empêche que je me comparais sans cesse à cette inspiration : je ne suis pas assez talentueuse, je n’ai rien à dire, je n’ai rien à partager, à quoi ça sert que je le fasse, je ne réussis rien, les autres le font tellement mieux que moi, je ne sais pas prendre de photos, etc. Finalement, plutôt que de contribuer à l’amélioration de mes points forts (l’écriture par exemple), j’essayais d’exceller dans mes points faibles (et de m’énerver parce que je n’y arrivais pas).

Quant à Twitter ? J’avais l’impression que c’était le réseau que je préférais, et finalement, je me suis rendue compte que j’y passais plus mon temps à fouiner les derniers petits potins croustillants, plutôt que d’y faire quelque chose qui avait vraiment du sens. Franchement, on s’en fout de mon live tweet durant The Voice, et de savoir quelle est l’issue de la dispute entre blogueuse X et blogueur Y.

Faire taire Martha Stewart.

Ce n’était qu’une petite semaine de vacances, et pourtant elle m’a grandement appris. J’ai compris que ces derniers temps, j’avais tendance à laisser parler Martha Stewart : cette petite voix dans ma tête qui me disait que j’étais nulle et qui était alimentée par toutes les autres critiques négatives que je recevais. L’être humain à cette fâcheuse tendance à n’écouter que l’unique critique négative qu’il a reçu, plutôt que les 150 retours positifs. Je me suis concentrée sur les mauvaises personnes : ma critique interne et externe. Or, aucune des deux ne me faisait vraiment avancer. Au contraire, j’avais plutôt tendance à reculer et à en faire des excuses : « De toute façon à quoi ça sert que je fasse tout ça ? Autant rester dans mon canapé et regarder Netflix, là au moins je serai tranquille ! » Et je peux te dire que ça, c’est certain. Ne sors jamais de ta zone de confort, et tout ira pour le mieux ! Pas de risque, pas d’attente, pas de déception !

Et aujourd’hui ?

J’ai compris l’importance de se déconnecter. Quand j’ai commencé le blog, la technologie, l’affluence de média et la possibilité de se connecter aux internets n’étaient pas les mêmes. Avant, on devait se connecter (Ô le doux son du modem 56k), aujourd’hui on EST connecté. C’est là toute la différence. Avant, je n’étais pas à ce point confrontée à la vie (parfaite) des autres. Pour le moment, je ne ressens donc pas le besoin de reprendre Instagram ou Twitter. Je pense que le monde tourne très bien sans moi là-bas. Cela me permettra sans doute de créer à nouveau du contenu qui a plus de valeur à mes yeux et concentrer mon attention sur une seule chose. Arrêter de me disperser. Je me sens finalement plus « blogueuse » qu’influenceuse. Je commence d’ailleurs à entrevoir une petite lumière au bout du blog, et je me dis qu’il y a encore des jolies choses à faire ici.

Ce que je retiens de tout ça, c’est que la culpabilité de ne pas être à la hauteur, ou pas assez bien, nous tire vers le bas. Qu’à trop vouloir être connecté aux autres, on se déconnecte de soi-même, de qui on est vraiment. Qu’il faut prendre le temps de s’écouter, loin des écrans, loin des médias, pour pouvoir se ressourcer dans la simplicité et redevenir soi-même.

10 Replies to “Pour toi j’ai testé : une semaine sans téléphone… Ou presque !”

  1. Cet article est certainement plus inspirant que les feeds et contenus « parfaits » des instagrameuses 🙂
    J’aime beaucoup ! Ca paraît si léger comme sujet mais c’est finalement tellement fondamental !

    1. Merci beaucoup 🙂
      J’essaye d’être authentique au maximum

  2. Je plussoie JESSIE&PEONY : un article qui tombe à point et qui est tellement inspirant! J’adore ta plume! Le coup du modem 56K m’a bien fait rire!

    Comme toi, je suis dans le monde du blog depuis plusieurs années et je constate à quel point la pression augmente ces derniers temps. Être partout à la fois, c’est en effet être dissipée! On perd notre essence. Tout comme tu l’as mentionné, je remarque moi aussi à quel point instagram a un côté pervers, à quel point on en vient à se comparer et à regarder si l’herbe est plus verte chez le voisin! Ça devient maladif et je t’avoue avoir commencé à renier mon abonnement à certains instagrameurs. Pour ma santé mentale et mon estime personnelle. Je fais de même sur Facebook avec tout ce qui me sape le moral ou alimente négativement ma critique intérieure. Je veux être moi-même, pas une copie des autres!

    Bonne continuation pour ton blog, c’est toujours un plaisir de te lire!

    1. Merci beaucoup pour ton message.
      Effectivement, finalement on en veut toujours plus, et on se perd un peu. Il est essentiel de revenir à soi. Mieux vaut faire une seule chose bien, que plein de petites choses pas bien (et qui en plus, ne nous serve pas).

  3. Comme très souvent je me retrouve complètement dans ton article (qui d’ailleurs tombe au bon moment).
    Quand tu dis : « je ne suis pas assez talentueuse, je n’ai rien à dire, je n’ai rien à partager, à quoi ça sert que je le fasse, je ne réussis rien, les autres le font tellement mieux que moi, je ne sais pas prendre de photos, etc. « , c’est exactement le genre de phrases auxquelles je pense en boucle depuis une semaine et qui font que j’ai le moral dans les chaussettes. Ma vie n’est pas assez bien, pas assez photogénique, je n’ai rien à dire, je ne suis pas assez créative, X fait des superbes photos, Y fait plein de voyages, et moi ma vie est nulle. Si je profitais un peu plus de ce qui m’entoure au lieu de passer mon temps à scruter mon téléphone ma vie serait peut être bien plus intéressante !

    Je pars deux semaines en vacances à partir de lundi, j’avais déjà prévu de lâcher un peu mon téléphone mais ton article m’a convaincu de désinstaller insta, twitter, facebook et autres applis inutiles pendant ces deux semaines pour me libérer un peu de ce poids que je trimballe et profiter un peu plus de la vie.

    J’espère te relire vite parce que tes articles ont souvent un fort pouvoir sur moi. Je ne te vois absolument pas comme une influenceuse mais plutôt comme une bonne copine qui partage les mêmes questionnements que moi 🙂

    1. Ce qui est fou, c’est qu’avant tous ces réseaux, on ne se posait pas toutes ces questions.
      Quand j’ai commencé le blog, je n’avais ni FB, ni Twitter, ni Instagram, et je me sentais bien mieux. Je ne me posais pas ce genre de question : je n’ai rien à publier, ma vie n’est pas intéressante.
      Là de ne rien publier pendant une semaine, ne pas me connecter, ça m’a fait me rendre compte que j’avais plein de choses à dire, mais peut-être pas tous les jours. Et finalement le rythme du blog, plus « slow » me convient bien mieux.
      Merci en tous cas de ta fidélité ici, ça fait tellement plaisir!

  4. Je ne sais pas si c’est une question d’âge, d’époque ou autre, mais je tenais à te dire Odile que je partage ton ressenti, pas seulement sur cet article mais sur tout le cheminement que tu as depuis plusieurs mois (années ?) sur la distanciation vis à vis des réseaux sociaux. Et je partage ton besoin de s’en échapper de plus en plus. Ce mois-ci, j’ai fait un truc pour la 1ère fois : j’ai passé un dimanche en mettant mon portable en mode « avion ». Mais ce n’était pas satisfaisant car trop angoissant (je dois rester joignable pour certaines personnes : mes parents et mon homme, notamment). Alors ce que j’ai fait a été tout simplement de désactiver les notifications d’un certain nombre d’applis (Instagram, Facebook, Pages, Mails…) et de m’interdire de les ouvrir. Et c’était chouette. Passé l’angoisse du début, j’ai soufflé. Et profité. Je me suis sentie (un peu) plus libre.

    1. C’est peut-être effectivement relatif à notre âge. On se rend compte qu’il y a des choses plus essentielles dans la vie et qu’on a déjà passé toute notre adolescence à se complexer. On se dit que maintenant on est trop vieux pour ça et qu’il est temps de s’accepter comme on est, en toute simplicité. By the way, j’ai relu mon ébauche de bucket list sur ton blog, j’ai toujours pas appris à coudre !!!! Et, ce qui est drôle, c’est que ça me revient en tête. cette fois, JE LE FAIS ! (Plutôt que de perdre mon temps à scroller)

  5. Je crois que ça dépend vraiment du caractère de chacun et de son estime de soi. J’entends beaucoup de monde dire qu’instagram met la pression et qu’il faut s’en détacher mais la pression c’est nous-mêmes qui nous la mettons. Sur Instagram, j’essaye de faire de belles photos, c’est vrai, mais je ne me sens pas diminuée par les comptes qui ont des beaux feeds, au contraire je les trouve inspirants. Et puis il faut dire aussi que je n’aime pas les feeds trop calculés, les flat lay trop organisés, je préfére la spontanéité et quand on discute avec les instagrameurs qui misent sur la spontanéité, on est vraiment dans un autre monde. A nous de nous créer notre réseau virtuel, un réseau à notre image et ne pas vouloir à tout prix ressembler au voisin.

  6. Merci merci de ton article !!
    J’essaie de décrocher le soir, et d’allumer mon portable le plus tard possible le matin, mais ce n’est pas toujours facile ! Et puis le dimanche et puis les moments ou je suis avec des gens. Et je me cherches des alternatives : des livres vraiment bien pour les transports…
    Mais je n’arrive pas à ôter les applis comme instagram de mon téléphone. Parce que j’adore ça, mais j’y perds un temps fou.
    Bref, la sur et la dé-connexion, vrais sujets du ème siècle!

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