Consommer consciemment sans craquer son portefeuille

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Il y a un débat qui revient assez souvent, lorsqu’il s’agit de consommer consciemment voire de manière éthique. Et ce débat, c’est le débat du porte-feuille. Quand notre bourse n’est pas bien fournie, il est difficile de s’offrir un t-shirt éthique à 50€ lorsque l’on peut, pour le même prix, s’en acheter 5. Consommer éthique, ça coûte plus cher, oui. La matière coûte plus cher, la production coûte plus cher, la main d’œuvre coûte plus cher, et au final, le produit lui aussi coûte plus cher. On a rien, sans rien. Comme je peux comprendre qu’il n’est pas donné à tous de faire cette démarche, je vais te donner quelques petites astuces qui te permettront de consommer consciemment, sans craquer ton portefeuille.

Limiter sa consommation.

C’est le premier geste à faire quand on pense éthique. Et ce geste, ne coûte rien. Si l’on prend l’exemple de la mode (mon petit combat personnel), on se rend compte que nos ancêtres n’avaient pas autant de vêtements que nous. Je regarde Poldark par exemple, et en 1780, une femme ne disposait qu’une toilette pour sortir. C’est un cas extrême, certes, mais au début des défilés de mode, il y avait 2 collections par an : une en été, une en hiver. Aujourd’hui, les grandes enseignes sortent une collection par semaine, soit 52 ! A-t-on besoin de renouveler sa garde robe à chaque occasion ? Réfléchissons. A-t-on vraiment « besoin » de changer de t-shirt tous les jours ? Pouvons-nous alterner et porter nos vêtements plus souvent ? Limiter sa consommation, c’est déjà agir. Évitons de se dire : « Si je ne l’aime pas je n’aurai qu’à le donner ou le jeter« .

Apprendre à lire les étiquettes.

On nous conseille souvent de lire les étiquettes de nos aliments, ou de nos produits de beauté. Il en va de même pour les vêtements. Agir consciemment c’est savoir reconnaître une matière naturelle d’une matière synthétique par exemple. Savoir que des matières polluent plus que d’autres, que certaines sont biodégradables et que d’autres ne le sont pas. En Europe, la réglementation dit que sur chaque vêtement, le pays de fabrication doit être inscrit. Prenons le temps de lire où notre vêtement à été fabriqué. On le sait, certains pays ne sont pas du tout éthique (en terme de pollution et de conditions de travail). Renseigne-toi sur ces pays, et bannis-les. Ou bannis-en un. Quand j’ai commencé à réfléchir à mes achats, je me suis dit que je n’achèterai plus de vêtements produits au Bangladesh par exemple. On sait sciemment que la main d’œuvre au Bangladesh est la moins chère du marché et que les conditions de travail y sont déplorables… Et ne me sors pas « au moins ils travaillent, si on arrêtait d’acheter ils ne travailleraient plus ». C’est la fausse excuse pour se donner bonne conscience : les enfants devraient être à l’école plutôt que dans une usine, et les parents devraient avoir un salaire décent, ainsi qu’un lieu de travail sécurisé ! L’un ne devrait pas empêcher l’autre ! Rappelons-nous l’horreur du Rana Plaza en 2013, cela ne devrait tout simplement pas arriver ! (Je pourrais écrire un article entier sur ce que j’en pense.)

mode ethique et responsable

Éviter certains magasins.

Comme je le disais, tout le monde ne peut pas se permettre de s’offrir une robe à 150€ faite en laine de Mérinos, tricotée en Italie. Pourquoi ne pas bannir certains magasins dès lors ? Même dans le fast fashion certaines enseignes tentent de faire des efforts. Ils sont peut-être tout petits, mais c’est mieux que rien (cela me fait penser à l’histoire du pêcheur et de l’étoile de mer). On connaît les enseignes qui ne respectent rien : elles volent les idées de leurs voisins, suppriment des emplois, font des vêtements bon marché et de mauvaise qualité en sous payant leurs employés. Comme pour le Bangladesh que j’ai décidé de bannir dans un premier temps, j’ai arrêté d’aller chez Primark. Je n’achète plus non plus les vêtements du marché (venu du Triangle à Bruxelles, ou du Sentier à Paris). Certes, c’est tentant, ils ont énormément de vêtements à prix dérisoires, mais tu penses sincèrement que ton t-shirt à 5€ aura une valeur sentimental ? Reviens au point 1 en cas de doute.

Se créer un budget.

Si ta garde robe nourris déjà tes besoins de base (pantalon, top, t shirt, pull,…), pense à te créer un budget personnalisé pour ton shopping. De cette manière tu seras limitée et tu ne déborderas pas avec des choses dont tu n’as pas besoin. Si tu veux te faire une orgie shopping, demandes-toi pourquoi. Si tu n’as pas le moral, y-a-t-il autre chose que tu peux faire avant de filer au centre commercial ? Et si vraiment c’est la seule solution, ne penses-tu pas que t’offrir une belle chose à 50€ te procurera plus de « satisfaction » que 10 trucs sans valeur ? Se créer un budget, ça peut aussi vouloir dire d’économiser pour s’offrir cette belle pièce qui nous fait tant rêver, plutôt que d’acheter sa pâle copie bon marché. Et surtout n’oublie pas, consommer et entasser ne fais pas ton bonheur. C’est un plaisir éphémère qu’on a vite oublié.

Penser au seconde main

Je ne pensais sincèrement pas donner ce conseil un jour. Toute mon enfance et mon adolescence je n’ai été habillée qu’en 2eme main faute de moyen. Ma mère nous achetait nos vêtements sur la brocante ou lors des ventes 2eme main du quartier (et on s’est beaucoup moqué de moi à l’école). Je m’étais promis que plus jamais cela arriverait. Et pourtant, aujourd’hui, je reconsidère sérieusement la chose. Chaque année, avec mes amies nous prenons un stand sur une brocante et nous vendons nos vêtements. Cela permet de se faire plaisir à petits prix et personnellement, je vais toujours piocher sur leur tringle (je me dis que je porte les vêtements de mes amies proches et ça me donne une valeur sentimentale : quand je porte ces vêtements, je pense à elle). Les vêtements profitent d’une seconde vie, rien n’est jeté, et la conscience est tranquille. Le seconde main c’est aussi prêter ou échanger. Pourquoi ne pas échanger ton sac à main avec celui de ta meilleure amie pour une semaine ? Cela permet d’avoir un peu de renouveau sans dépenser un centime.

Conclusion

Tu vois, il y a plein d’astuces qui ne coûtent rien qui te permettront de consommer plus consciemment et de manière éthique. Pas besoin de vendre ta voiture ou ta maison si tu ne peux pas te permettre d’encourager les marques européennes. Je sais que ça coûte cher de consommer mieux, je le sais, mais j’ai cependant remarqué que ma satisfaction est bien plus grande quand je mets le prix. Quand j’achète quelque chose de plus cher, qui a beaucoup de valeur, j’y fais plus attention : je fais gaffe à ne pas l’abîmer, bien le laver, le ranger, l’entretenir. Bref, j’en prends soin ! Généralement les vêtements qui ont plus de valeur sont mieux coupés, et je me sens bien dedans. Et surtout, je ne me dis pas « oh je ne l’aime plus, je vais le jeter, de toute façon cela ne m’a rien coûté« . Quand on met beaucoup de sous dans un produit, généralement, on y réfléchit à deux fois, pour être sûr qu’on va bel et bien l’utiliser. Une autre façon de consommer c’est de se demander : « Si ce t shirt coutait 3 fois son prix, est-ce que je me l’achèterais aussi ? » Souvent on est tenté par le prix, et non par l’objet.

Quoiqu’il en soit, je ne demande à personne de devenir un militant. Selon moi, faire un petit pas en avant, c’est déjà avancer. Si tu es rebutée par l’idée d’acheter du 2eme main par exemple (je l’ai été pendant longtemps), alors pense à un budget. S’il n’est pas possible de tenir un budget, limite tes samedis dans les magasins de mode, etc. Chaque petit geste compte. C’est ça qu’il faut retenir.

Et toi ? Quelles sont tes astuces pour consommer consciemment ?

6 Replies to “Consommer consciemment sans craquer son portefeuille”

  1. Très bel article et c’est aussi un sujet qui me préoccupe, j’ai fait un énorme tri et j’ai pratiquement vendu toute ma garde de robe au vide grenier, je ne les mettais plus et au moins des personnes se sont rhabillées pour pas chers , j’ai très peu d’habits mais assez pour la semaine, ce sont des pièces qui me vont, que j’aime et quand j’aurais besoin de changer j’irais aussi en brocante ou dans des centres comme Emmaus car comme tu le dis perso je n’ai pas les moyens d’acheter des marques éthique mais quelque part ça ne me dérange pas d’acheter des habits qui ont déjà été porté , ce ne sont que des vêtements après tout 🙂

    1. Je redécouvre aussi les joies du seconde main. Mais je peux facilement comprendre que tout le monde n’aime pas ça 🙂
      Merci pour ton commentaire !

  2. Beaucoup de bons conseils, surtout pour ceux/celles qui dépensent beaucoup dans la mode. Pour mon cas personnel, par exemple, je renouvelle ma garde-robe à chaque saison pour la simple et bonne raison que j’ai 4 ou 5 t-shirts que je mets tous les jours et à la fin de la saison, ils ne ressemblent plus à rien! (et puis j’en ai marre de les porter aussi). Par exemple aujourd’hui, je porte encore mes t-shirts d’été et j’ai un peu froid parce que tous mes t-shirts printemps/automne sont trop vieux/troués ou je les ai donné car je ne pouvais plus les voir. Il faut que je fasse le plein pour l’hiver!

    1. Oui évidemment si tu uses tes t shirts en une saison, c’est normal d’en prendre des nouveaux 🙂
      L’idée c’est surtout de ne pas trop s’encombrer du superflu (qu’il faut entretenir, et qui ne nous rend pas forcément plus heureux) 🙂

  3. Hello,
    J’avais écrit un post sur la question en mars car je travaille(ais) dans le milieu du textile et j’étais effarée de la tournure qu’avait pris cette industrie…Donc ton article me parle pas mal, il reste des options…En vrai c’est une vraie gymnastique parce-que sans s’en rendre compte on s’est éduqué de cette manière sur la dernière décennie et il faut réapprendre à consommer…bref tout un programme !

    1. Pareil, comme toi j’ai travaillé 10 ans dans le milieu du textile, et comme toi j’étais effarée de la tournure des choses. La mode est la 2eme cause de pollution et ça on l’oublie souvent.
      Comme tu dis, il faut juste réapprendre à consommer. Mais je pense que c’est possible 🙂

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