[BILAN] Mon blog, la blogosphère et moi

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Il y a quelque temps, avec mes amies Caroline et Mia de Trucs de blogueuse, on s’est posé la question du « pourquoi bloguer ». Et bien que pour moi la réponse était évidente, j’avoue que mon rapport au blogging a beaucoup changé ces derniers temps. Depuis cette fameuse coupure internet en septembre dernier en fait. Tu le sais, je ne m’en suis jamais cachée, et je t’ai toujours fait part de mes états d’âme ici. Cependant depuis quelques mois je retrouve une vraie sérénité avec mon blog, mon rôle de blogueuse (ou d’influenceuse, appelle-moi comme tu veux) et j’ai vraiment réussi à lâcher prise par rapport à plein de choses. Cet article me trottait dans la tête depuis quelque temps. Je n’étais pas sûre que ce soit vraiment « relevant » pour toi, mais je pense qu’une partie de moi avait envie de faire le point. Parce que j’ai toujours essayé d’être honnête et transparente avec toi, et que, de mon point de vue, ça a toujours fonctionné.

Bloguer, un hobby avant tout

Quand j’ai commencé à bloguer, il y a 8 ans, je le faisais par « ennui ». J’avais besoin de me trouver un truc sur le côté pour occuper mes dimanches. J’ai toujours tenu un journal intime mais là, j’avais besoin d’interactions. Cette époque était facile, sans remise en question. Je bloguais quand ça me chantait, des petits textes, des humeurs, sans ton particulier, en amateur. Je n’essayais pas de me faire remarquer, même si je traînais déjà beaucoup sur la plateforme Hellocoton pour me créer « un cercle ». J’aime revenir à mes premiers articles de blog, surtout un des plus lu, et à mon sens le plus bidon que j’ai pu écrire : un article sur Neville Londubat. Ce qui est drôle c’est que je viens de commencer à lire la saga Harry Potter (oui, je n’ai vu que les films). C’est comme un retour aux sources. Peut-être est-ce parce que je suis en train de construire un petit être humain, mais ces derniers mois j’ai vraiment eu ce besoin de « retour aux sources ». Revenir en arrière. Me souvenir de qui je suis, et qui j’étais aussi : mes rêves d’enfant VS. mes rêves d’ado.

Ecrire, partager, bloguer.

Le blog a commencé à prendre de l’ampleur. En 2012, j’ai perdu mon travail suite à une faillite. Je me suis retrouvé 6 mois à la maison et j’ai eu ce besoin de partager mes peurs face au Grand Méchant Chômage. Alors que le blog était un hobby, il est devenu une thérapie. A cette époque, j’ai tenu un rythme d’un article par jour. J’ai lancé les Sunday Nail Battle (je pense que j’ai par contre supprimé tout ce contenu entre temps), et mon « cercle » s’est agrandi. Petit blog aux petits textes, a commencé à devenir grand blog. J’ai dépassé les 50.000 visiteurs uniques par mois (c’est d’ailleurs l’unique fois que je te mentionnerais ce chiffre, moi qui n’ai jamais été attachée aux statistiques). Et j’ai commencé à envisager ce blog d’une autre façon. Au chômage, je pensais à cette solution : « Et si un jour, par chance qui sait, je pouvais en vivre ? » Aux grands maux, les grands remèdes, j’ai commencé à m’intéresser au SEO et à toutes ces techniques pour faire d’un petit blog, un grand blog. Sans le savoir, je me suis formée à un métier aujourd’hui très recherché (je suis content creator web et community manager). J’ai eu des partenariats, certains étaient payés (certains le sont encore parfois, mais très rarement) et j’ai reçu beaucoup de choses. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup !

Du trop plein…

Je ne vais pas te raconter toute mon histoire. Si tu me suis ici depuis longtemps, tu connais toutes les étapes et réflexions par lesquelles je suis passée. Mais tout ça, un jour, c’est devenue trop. Je mangeais blog, je dormais blog, je me calais des horaire pour bloguer, je « bossais » sur le blog jusqu’à 22h ou minuit, et tous les dimanches aussi. Je refusais parfois des invitations pour pouvoir venir à bout d’articles, prendre de l’avance, honorer mes partenaires. J’ai passé des vacances scotchées à mon téléphone, avec mon MacBook sur les genoux, à scruter les chiffres, à lancer ma boite. J’allais aux events 3 à 4 fois par semaine. Pour rencontrer des filles pas toujours sympas (oui j’accuse). Et pour rencontrer en fait… Du vent. Parce que tout ça pour moi aujourd’hui, c’est du vent. On n’est pas heureux avec 25 000 palettes, 312 rouges à lèvres, du maquillage à ne plus savoir qu’en faire, des obligations, du temps où on court partout. Et franchement, ne croyez pas que les blogueuses gagnent 10.000 euros par mois. Si je me suis fait au total 2000€ avec tous mes contrats de blogs en 8 ans, c’est beaucoup. Enlève à ça les cotisations, la TVA, les impôts. Non, je n’en ai pas vécu.

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… vers le minimalisme

Et j’ai découvert le minimalisme. Il m’a sauvée des griffes de cette société de consommation. Ma filleule (qui a 11 ans aujourd’hui) a commencé à me suivre sur Instagram il y a quelques années. Et je voyais ses petites copines qui voulaient faire comme les blogueuses beauté et être couvertes de rouge à lèvres. Ces mêmes blogueuses beauté que je suivais qui ont commencé à faire de la chirurgie esthétique, et à se critiquer les unes les autres dans le dos de chacune (mais où donc passer la valeur d’intégrité ?). S’intéresser à toi ? A tes passions ? A ce que tu aimes ? Jamais ! Échanger un numéro de téléphone pour prendre de tes nouvelles ? Non ! Le cercle est un carré ouvert… C’est comme ça que, radicalement, j’ai tout bazardé. Le minimalisme ce n’est pas que s’encombrer de choses, c’est aussi s’encombrer de relations ou d’activités qui ne te font pas du bien. J’ai jeté, trié, donné, vendu. Cela fait un an que je tente de revenir à l’essentiel, tant dans ma vie de blogueuse que dans ma « vraie » vie. Le temps est trop précieux que pour être gaspillé avec des gens qui ne savent pas vraiment qui tu es. Le temps est trop précieux pour le passer à dépoussiérer toutes ces choses dont tu n’as pas vraiment besoin. Le temps est trop précieux pour le passer dans les magasins histoire d’avoir la dernière paire de pompe à la mode.

Le temps mes amis. Le temps. Il est si précieux.

Cette année j’ai redécouvert mon temps. Plus d’obligation, plus de partenariats, plus d’event, plus de goodies à ne plus savoir qu’en faire. Quand je me lève le dimanche matin, je me dis de manière merveilleuse : « Qu’est ce que je vais bien pouvoir faire aujourd’hui« . Depuis que j’ai ma maison et mon jardin, je peux rester sur la terrasse à lire un bon livre, flâner, papoter avec mon homme. Parfois, j’ai envie de bloguer (en avril par exemple, j’étais très inspirée), parfois pas (en mai, c’est autre chose). Je refuse presque tous les partenariats, et je n’accepte que ceux qui me font vraiment plaisir. Je me dis que tout le monde doit y trouver son compte. Je ne me force plus avec des deadlines, des listes, des plannings, des séances photos, des… JE DOIS ! J’ai supprimé ma page Facebook, j’oublie d’aller sur Twitter, je n’envoie presque plus de newsletters, je ne fais plus gaffe aux boules vertes de mon outil YOAST. Je suis redevenue une amatrice qui écrit des articles sur Neville Londubat. Mon téléphone est constamment en silencieux, et parfois je ne poste rien sur Instagram pendant plus de 7 jours ! En fait, j’ai arrêté d’être une femme sandwich 2.0. J’ai enfin décidé de m’écouter. Pas les autres, pas la société de consommation, pas internet : moi. Et moi seule. Ce blog est redevenu un hobby. Un ami que j’oublie parfois, et vers lequel je reviens quand j’en ai le temps et l’envie. Une fierté aussi, un outil qui m’a beaucoup appris. Mais plus jamais une obligation.

Mon avis ? Tu devrais essayer… Ca fait un bien fou de se libérer des chaines que l’on se met souvent tout seul.

16 Replies to “[BILAN] Mon blog, la blogosphère et moi”

  1. Coucou,
    Merci pour tous ces conseils. J’aime beaucoup ta liberté de ton qui donne envie de te lire davantage et de te suivre. Sacré recul que tu as aujourd’hui sur la pression engendrée par un blog. Bravo et encore merci de partager tes expériences.

  2. J’aime beaucoup cette philosophie et comme toi j’adhere au minimalisme. Je te suis depuis un petit moment maintenant et j’ai cheminé avec toi. Pour ma part il n’y a ni trop ni pas assez. Juste ce qu’il faut.
    Poursuis dans la voie qui est la tienne.

  3. So true ! Minimalisme, se détacher du matériel. Prendre le temps d’observer. Savourer les petits plaisirs. Vivre en rythme avec et auprès de la nature. S’alléger. LE BONHEUR ! J’ajouterai faire du sport pour ressentir son corps et ne plus être juste une tête qui prend des décisions 🙂

  4. Je suis bien d’accord avec toi ! C’est mieux je pense de choisir des partenariats qui te font vraiment plaisir, et ne surtout pas te forcer, car on devrait tous/toutes bloguer par plaisir. Avoir des dizaines de produits de maquillage ne rend pas plus heureux, c’est super de se détacher du matériel avec le minimalisme ! Je suis un peu cette « philosophie », qui me plaît beaucoup 🙂

  5. Qu’est ce que ça fait plaisir à lire 🙂
    J’approuve totalement cette façon de penser.
    Revenons à l’essentiel !

    1. Merchik !

  6. « Le temps est trop précieux que pour être gaspillé avec des gens qui ne savent pas vraiment qui tu es.  »
    Ohlala que c’est vrai… Il faut parfois savoir tourner la page pour se concentrer sur ce (et ceux) qui nous ressemble(nt) vraiment. Et c’est pas toujours facile …

    1. Et oui, il faut parfois faire le tri dans ses relations aussi. Et se demander « est ce que trainer avec cette personne me fait vraiment du bien ? Est ce que je me sens mieux après ? Est-ce que ça m’élève ? ». Au final tu te rends service mais à la personne aussi.

  7. Quel article touchant et vrai ! Je me reconnais un petit peu en toi. C’est vrai que mon blog prend aussi de plus en plus d’ampleur et je reçois pas mal de produits, surtout que pour la plupart je n’ai rien demandé… et comme toi j’ai découvert le minimalisme depuis quelques mois et je commence à aimer le zéro déchets. Je fais beaucoup de tri ces temps, j’ai envie de tout donner loin. Je ne poste plus tous les jours sur Instagram, je déconnecte un peu du blog. Ça fait du bien 🙂 Je ne veux pas en faire mon métier de toute façon, je préfère garder une certaine liberté et un côté « hobby » comme tu dis. Je suis contente pour toi que tu t’en es sortie ! Et je te rejoins, avoir plein de palettes et de rouge à lèvres, ou même des produits de luxe, ce n’est pas ça le bonheur 🙂 Mais on s’en rend compte que quand on prend un peu de recul 🙂
    Un grand merci pour ton article, ça fait du bien de te lire 😀

    1. Oh oui moi j’ai vraiment eu un trop plein. Surtout de ces produits qu’on t’envoie par « automatisme », et qui ne me correspondaient pour la plupart, pas. Finalement je passais mon temps à donner, ou organiser des concours avec le « trop plein » plutôt que d’en profiter pour moi-même. Quel gaspillage !

  8. Je viens d’écrire un article similaire sur mon blog.
    Après des semaines d’absence pendant lesquelles je me suis posée la question du pourquoi.
    Il ne s’agit pas dans mon cas d’un bilan. Mais d’un réel questionnement. En écrivant ce billet, j’ai aussi voulu savoir ce qui motivait réellement un blogueur aujourd’hui.
    Je pense qu’un vent de renaissance souffle sur la blogosphère. Et de plus en plus de blogueurs/ influenceurs / youtubeurs / etc recherchent plus de sens dans leurs actions. Et un peu de légèreté aussi.
    Merci pour ce partage.

    1. Oui je vois beaucoup de réflexion du genre aussi.
      Pour ma part (et les blogueuses avec qui j’ai « grandit ») je pense qu’on devient juste plus vieille. Plus mature. C’est normal d’avoir voulu la vie de paillettes. Aujourd’hui à 34 ans, je prends conscience de l’essentiel, du temps, et des choses importantes (la famille, les amis, la santé !)

  9. « Le temps est trop précieux pour le passer à dépoussiérer toutes ces choses dont tu n’as pas vraiment besoin. »
    J’aime trop cette phrase, elle résume bien l’idée!
    Merci pour cet article, il est intéressant! C’est chouette que tu aies réussi à te libérer de tout ça pour te sentir mieux maintenant 🙂

    1. <3

  10. Ton article a résumé ma façon de voir les choses :). Je connais le monde du blogging depuis 2007 et autant dire qu’il a vraiment changé. En passant de Skyblog à WordPress.com puis de wordpress gratuit à son propre site, il faut vraiment avoir du courage et les épaules solides pour surmonter les obstacles (deadlines, partenaires, critiques, jalousie, etc). Je ne me suis jamais mis en tête « oh vas-y fais ton blog tu deviendras célèbre avec pleins d’abonnés, de fric » pas du tout c’est le genre de comportement qui me dépasse en fait. Tout comme ces personnes qui commencent un blog juste pour faire comme tout le monde, tout en copiant les uns sur les autres (alerte plagiat !!). Au final, on est tellement prise sur tous les fronts, qu’on ne sait plus où donner de la tête, si ce qu’on fait est de qualité ou encore si nos lectrices de toujours nous suivent réellement. Une chose que j’ai très vite remarqué l’année dernière lorsque mon premier site internet s’est fait piraté, tout ça à cause d’une personne qui a partagé une de mes photos sur un groupe de vente d’un produit pas encore sortie. J’ai vu rouge, mais on m’a fait un gros gros scandale. J’ai mis 3/4 jours pour récupérer mes comptes sociaux et entre temps, j’ai pris le temps d’appeler/écrire à tous mes partenaires, proches pour leur informer que si ils voient un message ce n’était pas moi. Fin bref, beaucoup de partenaires m’ont viré car soi-disant « notre relation de confiance n’est plus » or tout le monde peut être victime d’un piratage, c’est le risque que nous prenons tous à être sur internet, les réseaux. Toute cette histoire m’a mise au plus bas, et le décès de ma grand-mère n’a rien arrangé… J’étais vraiment au plus bas, presque personne ne m’a aidé à m’en sortir à part quelques amis pas forcément les plus proches, de belles surprises. C’est ce temps de répit, de réflexion à si je devais refaire un autre blog ou pas, qui m’ont fait comprendre que les statistiques, le max d’abonnés, vues instagram, commentaires etc ne sont que des détails insignifiant et qu’ils peuvent vite partir en fumé. Tout ce que j’ai vécu en 2017 m’a ouvert les yeux et ma façon de voir les choses, de les pensées aussi est totalement différente maintenant. Je ne me tracasse plus à poster un article juste pour poster car je me suis fixée ci ou ça, non c’est fini. Comme toi, ça m’arrive de rien poster pendant plusieurs semaines. Je ne suis plus sur Twitter, réseau que je n’ai jamais aimé au final. Je n’ai plus de page facebook à proprement parler, j’ai créé un groupe pour pouvoir échanger comme sur un forum autour de mes passions et des nouveautés de mon blog. Puis les partenariats ne sont plus si importants. En tout cas, ton article aidera beaucoup de personnes et si je l’avais vu l’année dernière, peut-être qu’il m’aurait remonté le moral un plus :).

    Lorsqu’on fait un blog, il ne faut jamais oublié le but premier de ce pourquoi on l’a ouvert ! 🙂 Garder notre esprit sain et objectif, être soi-même tout simplement. C’est ça le plus important, pas le fait de devenir célèbre.

    Courage à tous ceux qui ont perdu le moral en faisant leur blog et respirez un bon coup et prenez du temps rien que pour vous pendant 1 mois (déconnexion totale). Vous verrez que ça changera tout.

    Amicalement,
    Justyne Blog

    1. Merci pour ton long commentaire super intéressant, qui je pense en aidera plus d’une.
      Je pense que tout est dit 🙂
      Il faut effectivement se poser les bonnes questions et revenir à l’essentiel.
      Ravie que tu aies retrouvé le chemin de « la paix »

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