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Comment mieux dépenser ?

8 mars 2017 by
Comment mieux dépenser son argent

J’ai déjà eu plusieurs fois cette conversation avec ma maman, ou avec mon homme. Comment mieux dépenser ? Cette conversation où l’on se lance à refaire le monde. Se dire qu’on devrait consommer mieux, acheter local, privilégier le petit boucher du coin plutôt que la viande grise des grandes surfaces. Quand on se dit qu’on devrait aller plus souvent au marché, acheter les fruits et les légumes pour la semaine. Manger mieux, manger bio. Qu’on devrait arrêter d’aller chez H&M, arrêter d’acheter Bengali. Quitte à payer la qualité, plutôt que la quantité. Le problème avec ce discours, c’est que je l’ai souvent trouvé bien hypocrite. Car qu’on se le dise, qui aujourd’hui peut mettre plus d’argent dans ses vêtements ? On nous habitue tellement aux promotions, aux soldes et aux codes promo qu’on ne sait plus dépenser prix plein. Moi la première. C’est vrai quand on y réfléchit : 3€ le tshirt chez Forever21. Moins cher que ton lunch à midi. Ça fait rêver, non ? Alors mieux dépenser, c’est bien joli, mais ça veut dire quoi au juste ?

Doit-on se remettre à faire nos vêtements nous-même ? Cultiver notre potager ? Se remettre au troc ou à la seconde main ? Ce sont des solutions, oui. Et pourtant aujourd’hui ce n’est pas toujours facile d’acheter local. D’où vient le cuir du petit artisan du fond de la rue ? Peut-on lui faire confiance ? Et puis, ne plus acheter Pakistanais ça voudrait dire supprimer des emplois là-bas, alors bon, on fait comment hein ?

Ce sont des questions auxquelles je réfléchis beaucoup en ce moment. On vit dans la société dans laquelle on vit et il est difficile de tout fuir, tout renier. Certains pour s’en sortir prônent le pro-véganisme, d’autre le pro-bio. Pourtant des catégories de tomates dites « bio » sont importées chez nous et viennent d’Espagne. Que fait-on de l’avion, du vieux camion et de l’essence qui les ont transportées ? Ils sont bio eux aussi ? Tu vois, ce qui me dérange avec tous ces discours, c’est qu’on doit tout remettre en question. Et quand je dis « tout » je pense à la chaîne de production. D’où vient le coton ? Comment a -t-il été cultivé ? Tu savais que lui aussi, c’était un OGM ? Doit-on parler de la problématique du cuir en Inde qui pollue les eaux du Gange ? Et le raisin là-bas dans le Lubéron, qui est bio, alors que le champ en face de lui ne l’est pas… Quand on sait que les voitures des habitants sont parfois recouvertes des sables du Sahara tellement le vent peut se montrer puissant, on fait quoi des particules de pesticides présentes dans l’air ?

Il est difficile de revenir en arrière, car une bonne partie de la production mondiale est à revoir. Tant au niveau de la chaîne d’alimentation, qu’au niveau des produits textiles… Et ne parlons même pas de l’affaire Foxcom…

minimalisme consommer mieux

Au-delà des scandales liés à la production, je pense que c’est avant tout à nous de changer notre manière d’acheter. Et par là, je ne veux pas forcément dire « apprendre à lire les étiquettes » ou « acheter plus cher ». Mais plutôt se poser la question : « Est-ce que j’en ai vraiment besoin ?« . Ce vernis-là, à 2,49€, est-ce que je vais vraiment l’utiliser ? Est-ce qu’acheter plein de vêtements pas chers va me rendre plus riche ? Mes armoires doivent-elles être pleines à craquer de nourriture ? Mais surtout prendre le temps de se demander, c’est quoi, finalement, « être riche » ?

On nous a habitués à vouloir du choix, du neuf, du changement. Vite. Maintenant. Tout de suite. Nos iPhones sont démodés après 1 an. 1 an ! Quand on pense que quand j’avais 15 ans (et ce n’était pas il y a si longtemps) cela n’existait même pas et qu’on faisait sans ! Est-ce que je vais réellement relire ce livre ? Oui ? Combien de fois ? Est-ce que j’ai besoin d’avoir les 4 palettes Naked ? Est-ce que je ne saurai pas réparer cette machine cassée ? Ou revendre ce sac avant de le jeter ?

Penser à l’économie, aux conditions de travail, à l’éthique, c’est une chose. Et entendons-nous bien, c’est une chose merveilleuse. Mais ne faudrait-il pas déjà réduire notre taux de consommation avant ? Le samedi, plutôt que d’aller lécher les vitrines, où attendre les soldes pour vite dépenser notre salaire, on pourrait, je ne sais pas moi, passer du temps avec nos proches ? Regarder un bon film ? Aller bruncher avec des copines ? Au lieu de dépenser tout notre argent pour vivre dans une « abondance matérielle »…

Mieux dépenser, c’est aussi investir dans des formations : ce cours d’aquarelle qui nous fait envie depuis si longtemps. Cet atelier maquillage qu’on rêve de faire. Apprendre une langue, participer à un cours de photo, s’inscrire à un cours de danse. De quoi va-t-on se souvenir dans 50 ans quand on sera vieux ? De cette jolie petite robe qui nous faisait de l’oeil depuis la vitrine ? Où de cette belle après-midi en famille à manger du gâteau fait-maison ? A-t-on vraiment besoin de toutes ces choses ? De ces collections ? De plus, toujours plus ?

Mieux dépenser, c’est conscientiser l’argent que nous allons dépenser. Profiter des choses que nous avons déjà. Faire preuve de créativité en leur trouvant une nouvelle utilité. Ou simplement se demander : « Est-ce qu’avoir plus, va m’amener plus de joie dans ma vie, et à long terme ? Est-ce qu’avoir cet objet, précisément, va me procurer tant de bonheur ?  »

Simplifier sa vie

Depuis un moment déjà, je n’achète que les vêtements qui me donnent envie de faire un petit pas de danse. J’avais lu ça dans un livre. Livre que j’ai savouré et que pourtant, j’ai donné il y a bien longtemps déjà. Je veux que chaque chose ait une histoire, mais surtout, je ne veux pas que les choses me possèdent. Être définie par un achat, un objet. Ce qui fait que je suis, celle que je suis, ce n’est pas cette paire de chaussures que j’ai achetée juste parce qu’elle était à moitié prix, mais les expériences que j’ai vécues. Les gens que j’ai rencontrés. Les liens que j’ai tissés. Les souvenirs que j’ai créés. Et ceux-là, bio ou pas, ils sont bien à moi !

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Humeur Vie Professionnelle

Arrêter n’est pas échouer

4 décembre 2016 by
arrêter c'est commencer lâcher prise

Ma maman m’a toujours appris que si je commençais un livre, je devais le terminer. Et sa maman avant ça, ma grand mère, lui avait appris la même chose. Aussi, depuis des générations dans la famille Sacoche, on commençait un livre et on le terminait. Même si ce livre ne nous plaisait pas. Ce qui faisait toute la beauté de la chose, c’était ce sentiment de fierté, celui d’avoir persévéré dans une situation pas très confortable. Bien que je sois très reconnaissante envers ma maman de m’avoir transmis un certain courage pour terminer les choses que j’entreprenais, un jour, au détour d’une tonne de livres de développement personnel, je me suis rendue compte, que la vie était bien trop courte pour faire des choses ennuyantes. Que certes, parfois il fallait effectivement persévérer et s’armer d’un peu de patience, mais qu’on pouvait aussi décider d’arrêter. Et comme ça, un matin, dans le tram, j’ai arrêté de lire le livre que j’avais commencé et que je n’aimais pas du tout, me disant, qu’après tout, je ne faisais de mal à personne, et que, arrêter de lire ce livre, ne voulait pas dire « arrêter de lire tous les livres du monde » (et on sait combien notre littérature est large). En moi, j’avais créé un petit sentiment de rebelle. Odile Sacoche, celle qui s’arrêtait de lire.

Si j’utilise cette métaphore pour commencer mon article, c’est pour te dire que, dans une société où l’on nous fait culpabiliser pour à peu près tout et son contraire, j’ai appris que, arrêter, ne signifie pas, échouer. Personnellement, je trouve que dans certaines situations de la vie, il faut beaucoup de courage pour pouvoir se dire « stop, j’arrête ». J’arrête cette situation qui ne m’épanouit pas. J’arrête cette relation qui me fait du mal, j’arrête de répéter ce schéma dans ma vie, j’arrête ce boulot qui m’épuise, j’arrête cette discussion qui va tourner au vinaigre, j’arrête d’essayer d’aller contre ce que je ressens. Et dans chaque exemple que je viens de donner, le fait d’arrêter peut ouvrir la porte sur quelque chose de plus beau et de plus épanouissant. Ici, arrêter veut finalement dire commencer. Fermer une porte, pour en ouvrir une nouvelle. Arrêter un livre qui nous ennuie profondément, pour en commencer un bien plus chouette.

liberté commencer lâcher prise

Et comme ça, simplement, j’ai décidé d’arrêter.

Il y a un an et demi, j’avais ce grand rêve de devenir blogueuse pro. En chemin, je me suis perdue, et j’ai changé de route pour devenir infographiste freelance. Malheureuse dans mon travail à temps plein, j’en ai changé pour en trouver un plus calme au niveau des horaires, avec plus de jours de congés pour pouvoir me consacrer au blog à 100%. Pendant plus d’un an, j’ai travaillé tous les soirs après des journées de travail éreintantes, j’ai jonglé entre deux activités, j’ai lancé ma marque Sacoche, j’allais aux events 2 à 3 fois par semaine dans l’espoir de me faire connaitre, je ne me suis pas arrêtée une minute. La tête dans le guidon comme on dit. Jusqu’à cet été quand je suis partie en vacances. Des vacances de rêves que mon petit homme avait planifiées et organisées et dont je n’ai pas profité tellement je vivais avec cette culpabilité de devoir m’arrêter deux semaines. Et arriva ce qu’il devait arriver, je suis « tombée fatiguée ». Mais vraiment fatiguée. Avec juste plus aucune envie du tout. Ce livre que j’avais commencé m’ennuyait finalement à mourir. Et des « moi aussi je veux » ont commencé à se faire ressentir.

Moi aussi je veux profiter de mon dimanche en pyjama sous mon plaid. Moi aussi je veux profiter de mes vacances. Moi aussi je veux dormir tard le matin. Moi aussi je veux passer mes soirées à lire un bon bouquin. Moi aussi je veux vivre !

Au delà de ça, j’ai commencé à faire mes calculs financiers et je me suis rendue compte que cette « petite activité qui n’en était pas une » ne me rapportait pas « assez » comparé au temps que je lui consacrais. Et que finalement, mon moteur « je veux vivre mon rêve » s’était transformé en « je dois travailler pour payer mes cotisations et mon comptable ». Charmant.

Et puis surtout, surtout, il m’était arrivé quelque chose auquel je n’aurais jamais cru. Mais alors là jamais. Je pensais m’être trouvé un petit boulot temps plein « en attendant ». Un boulot « pépère » et chiant. Je pensais que j’allais détester ce job et qu’il allait encore plus me conforter dans l’idée qu’il fallait vivre pour soi et créer sa société. Mais le meilleur m’arriva. Et ce boulot que j’étais censée détester, je l’ai, plutôt bien aimé. Je suis tombée sur des gens formidables avec qui je ris et avec qui je me sens libre. Je me sens moi, je me sens bien et je me suis rendue compte que mon moteur, ce qui me faisait avancer dans la vie, c’était cette envie de liberté.

Je ne savais pas si je devais te raconter tout ça, comme je te le disais dans mon dernier article, je ne sais pas bien où Odile Sacoche va et où toute cette histoire me mènera. Je sais juste qu’aujourd’hui, je n’ai plus envie de continuer le livre de freelance et j’ai remis les clés de ma société. Je me rends compte que mon rêve à moi, c’est d’être libre, et de tout faire pour le rester. Cette fameuse chose dont on parle beaucoup, lâcher prise. Vivre au jour le jour. Carpe diem.

Ce que je voulais te transmettre avec cet article c’est que tu as le droit d’arrêter, et que, arrêter, ne veut pas dire échouer. Je n’ai pas le sentiment d’avoir échouer. Que du contraire. J’ai pris une situation en main. Je vivais un « enfer » dans mon ancien boulot et j’ai donné tout ce que j’avais pour en sortir. J’ai construit des choses, je me suis donnée du mal. Ça n’a pas marché. Les résultats n’étaient pas à la hauteur de mes espérances. Mais en chemin la vie m’a donnée d’autres belles surprises, qui m’ont menée sur d’autres routes, et ont ouvert d’autres envies. Peut-être, oui, peut-être, que je n’ai pas l’âme d’un indépendant. Et peut-être, oui, peut-être que je procrastine. Et ça me va très bien. On a le droit de se reposer. Oui dans la vie il faut parfois se battre, mais on peut aussi très bien se dire : « Ok maintenant, j’arrête« . Point. Comme ce grand champion de Formule 1, Nico Rosberg, qui a annoncé ce dimanche après sa plus grande victoire, qu’il arrêtait.

Arrêter ne veut pas dire échouer. Arrêter c’est commencer. Arrêter c’est découvrir. Même si on ne sait pas tout de suite quoi. Le temps, cet ami qui nous veut du bien, nous le dira bien assez vite.

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Humeur

Peut-on vivre des métiers du web ?

25 septembre 2016 by
peut-on réussir sur le web ?

Il y a un peu plus d’un an, j’ai demandé à un spécialiste de « l’argent sur le web » (si on peut l’appeler comme ça), d’analyser mon blog afin de connaître les points à améliorer et ce, dans l’optique de « vivre de mon blog« . Je dois t’avouer que son analyse fut un peu contrariante. Il me dit qu’en utilisant des mots comme nostalgie, mélancolie et doute, jamais au grand jamais, je ne pourrais devenir une star du web 2.0. Qu’il fallait que j’oriente mes articles de manière plus positive, et surtout, que mon blog « serve à quelque chose ». Comme je ne suis jamais contre un petit défi, cette dernière année, j’ai tenté tant bien que mal d’arrêter de coucher mes doutes sur la toile et de devenir cet exemple que je voulais être. Te faire voir que la vie est belle. Parce que je pense sincèrement que la vie est belle, et t’aider à voir le verre à moitié plein était un challenge que je trouvais très beau.

Quelque temps plus tard, j’assistais à mon fameux week-end entrepreneur. Je me souviens, durant ce week-end une intervenante nous a donné un cours de « speech », sur le « comment se vendre ». Son témoignage a été éloquent et motivant. Pourtant une phrase m’a hantée toute cette année : « Personne ne veut travailler avec un geignard« . Autrement dit, quand tu es entrepreneur, personne ne doit savoir les difficultés que tu traverses. C’est mieux de ne pas en parler. Personne ne veut savoir que tu es au bord du gouffre, que tes chiffres sont mauvais, que tu ne vends pas, parce que personne ne veut travailler avec ces gens-là. Et dans le fond, je pense qu’elle n’a pas tout à fait tort. Si nous devions remettre cela à l’image de l’entretien d’embauche, il est vrai qu’aucun employeur ne t’engagera si tu as le discours de : « Personne ne veut m’engager, je suis triste et malheureux, je vous en supplie prenez-moi« .

Oui mais.

Entre Monsieur Argentsurleweb et Madame Arrêtedeteplaindre, je me suis mis une pression de dingue. Pour pas changer. Alors c’était donc ça ? Plus jamais je ne pourrais te parler ici de mes doutes, de mes peurs, de mes angoisses, de ce que je ressens… Non, je me devais d’être cette fille qui te faisait rêver, tant sur le blog, que sur Instagram, que partout où mon clavier trainerait. Or pourquoi j’ai commencé à bloguer ? Parce que j’avais besoin de parler. Parce que j’ai toujours tenu un journal intime mais que celui-ci, à part m’aider à me libérer de mes émotions, ne m’aidait pas beaucoup en terme d’échange. Moi j’avais besoin de partager, de parler, d’avoir un retour. J’ai toujours écrit, toujours, et j’ai toujours eu une certaine mélancolie dans mes mots, c’est d’ailleurs dans mes moments de faiblesse que j’ai toujours trouvé le mot juste, la bonne tournure de phrase. Je ne suis pas de celle qui décortique, analyse, et entre nous, même si j’adore me pomponner, me faire une beauté et tripatouiller mes doigts dans des palettes, c’est toujours un exercice de style difficile pour moi de t’écrire une revue. Si dans la vie de tous les jours je suis un clown (tu peux d’ailleurs le voir sur mes vidéos), sur le blog, ici, j’ai toujours été Odile Sacoche. Une anonyme qui en avait gros sur le coeur et qui avait besoin de le dire.

life is beautiful

Récemment je t’ai beaucoup parlé du succès, des chiffres, et j’ai bien compris que tu ne comprenais pas pourquoi. Finalement, qu’est-ce que j’attends moi de tout ça ? Est-ce que je suis devenue fausse ? Est-ce que tout ça m’est monté à la tête ? Je ne pense pas. La suite est en fait très simple. L’argent a tout changé. Dans le monde du business, ce sont les chiffres qui priment. Il ne faut pas chercher très loin pour confirmer ma pensée. Plus tu as de l’expérience dans un boulot, plus tu seras payé. Plus tu as des chiffres sur le net, plus tu seras vu par les grandes marques. Et qui est-ce qui offre des contrats ? Les grandes marques ! Le calcul est donc simple. Rassure-toi, je ne fais pas ici parler mon égo, ou mon narcissisme mal placé. Et c’est justement parce que ce n’est pas mon égo qui parle que c’est difficile, car la performance, ce n’est pas moi. Je suis perfectionniste, certes, mais jamais je n’ai été pour la performance. La performance m’angoisse. Enfant, ado, je faisais tout, tout, pour ne plus être la première de classe (à la grande tristesse de ma maman qui me disait que je gâchais mon potentiel). Je me contentais du minimum car d’une certaine façon, même si je voulais briller, je n’ai jamais assumé d’être « la meilleure ». Je n’ai d’ailleurs jamais voulu l’être. C’est paradoxal, non ?

Je pense que dans un coin de ma tête, un jour la gloire allait me tomber dessus, comme ça, un beau matin. Un peu comme quand tu te promènes en rue et qu’un chasseur de tête te repère parce que tu es belle, ou grande, ou mince, ou que ta voix est hors du commun et qu’il a absolument besoin de toi pour son dernier film. Je te dis ça parce que c’est arrivé à mon ancienne collègue qui a une voix atypique. Tu vois ? Le vieux fantasme quoi. Un peu comme quand tu es célibataire et que tu penses que tu rencontreras l’homme de ta vie en lui renversant ton verre de vin, sur sa chemise, à un mariage… La réalité en est tout autre.

Bref, si je te raconte tout ça, c’est parce que toutes ces pensées me travaillent de plus en plus. Est-il possible de réussir sur le web ? Quels sont les paramètres pour y arriver ? Faut-il pour autant être à la maison H24 afin de pouvoir écrire un article par jour ? Y consacrer tout son temps, tout son argent ? Bosser comme une dingue chaque minute que tu as de libre ? Quels sont ces « efforts » à faire ? Plus d’un an après avoir pris mon statut de freelance, je ne suis plus sûre de rien… Je me demande si tout cela n’était pas juste une utopie. Parfois je me dis que je n’ai pas assez de talent, que ce blog devrait rester mon hobby. Tout simplement, sans prise de tête. Finalement, je gagne très bien ma vie 38h par semaine, et ce que je fais, je le fais plutôt bien. Pourquoi ne pas m’en contenter et me donner à fond là-bas, dans la vraie vie, dans le concret ? Comment savoir si ce n’est pas là qu’on me donne ma chance, et que c’est là, que je suis censée briller ?

blog belge hobby ecriture

Hier, je regardais une vidéo de Maya Shameless, une artiste YouTube que j’ai découvert très récemment et que j’admire beaucoup. Et c’est dingue comme elle a exactement mis les mots sur tout ce que je ressens. Devrais-je arrêter ? A quel moment on se dit qu’on a trop investi ? L’humoriste Jeremy Ferrari dit dans toutes ces interviews que l’émission « On ne demande qu’à en rire » était sa dernière chance après 10 ans de refus et de déception. A quel moment tu sais que c’est justement LE moment ? A quel moment tu te dis qu’il faut arrêter ? Ce qui est fou, c’est qu’en ce qui concerne Maya Shameless, qui vit de YouTube, c’est que, même elle, avec ces 700.000 abonnés se rend compte que ça ne suffit plus. Que ses chiffres diminuent, et que oui, ces fameux chiffres sont important pour vivre du web.

Je ne veux pas devenir celle que je ne suis pas. J’ai toujours été naturelle. Je n’ai jamais eu peur d’aborder des sujets ici, jamais eu peur de te montrer mes faiblesses, mes doutes, mes peurs et je pense que c’est ça aussi qui a fait que tu es venue me lire. Qui a créé entre toi et moi un lien indescriptible. Chaque jour je te suis si reconnaissante de me donner la chance de vivre tout ce que j’ai déjà pu vivre : quelques contrats, quelques campagnes, la création de ma marque d’accessoires,… Mais j’aime aussi ma vie réelle et je prends tellement de plaisir à lézarder au soleil, lire un bon livre, regarder une bonne série, tandis que cette culpabilité de ne rien faire devient de plus en plus grande. La culpabilité de simplement « profiter » de la vie, plutôt que de passer mes soirs et mes week-ends à investir et à bosser pour rentabiliser mes choix (les cotisations, le comptable, les emprunts,… ). J’ai toujours été la première à dire qu’il fallait croire en ses rêves, mais je me dois aussi d’être honnête, comme je l’ai toujours été. J’aimerais que ce soit « facile », j’aimerais ne plus parler « d’efforts ». Alors aujourd’hui je me demande : « Et si tout ça n’était pas pour moi ? A quel moment doit-on se dire qu’on est sur le mauvais chemin et qu’il faut juste… Arrêter ?« 

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Humeur

Je suis une fille comme les autres

8 août 2016 by
stop au complexe

Quand j’étais styliste, j’avais horreur qu’on me demande ce que je faisais dans la vie et je n’aimais pas dire que j’étais styliste. Non pas que je n’en étais pas fière, mais parce que tout le monde se faisait une idée de ce métier. Une idée complètement fausse. En vérité, je n’ai jamais aimé les clichés et les raccourcis tout fait, comme si dans la vie il y avait des boulots passionnants, et des boulots barbants. Je pense qu’on peut tout avoir à la fois et qu’en ce qui concerne le boulot, il ne tient qu’à nous de mettre un peu de passion et d’aventure dedans. Aujourd’hui, je travaille dans un service clientèle pour une société semi-publique, et quand je le dis, je me retrouve de l’autre côté du cliché : « Et ça va ? Tu aimes ? Ça va ? C’est pas trop dure ? Tu ne regrettes pas ? » Aussi étonnant que cela puisse paraitre, non rien de rien, je ne regrette rien. Je suis bien plus épanouie et je sens que ce que je fais a de la valeur : à mes yeux, et à ceux des autres.

Si je te raconte tout ça, c’est parce qu’en épluchant les réponses du questionnaire pour les concours des 5 ans du blog, j’ai lu quelques suggestions d’articles qui m’ont surprise. Beaucoup d’entre vous m’ont demandée que je filme, ou que je raconte une journée dans ma peau. Et bien que je trouve cette idée amusante, et que je regarde moi-même des « get ready with me », je me suis dit qu’il fallait que je rétablisse la vérité sur celle que je suis. Pas sur les blogueuses, parce que je ne peux parler que sur moi, mais sur ma vie en tant que freelance d’une part, blogueuse de l’autre et employée à temps plein. Et tu veux que je te dise ? Je suis une fille comme les autres !

Quand avant, les gens me regardaient avec des paillettes dans les yeux lorsque je leur disais que j’étais styliste, je leur répondais que je faisais des culottes Hello Kitty pour Aldi (ce qui était vrai). Cela avait le don de les refroidir direct, et moi de beaucoup m’amuser. Quand on me demandait les études que je faisais, j’aimais dire « artistique » parce que les gens pensaient que j’étais forcément une demeurée. Guess what ? On peut être créatif et ne pas être analphabète pour autant. Ces clichés m’agacent. Ceux des blogueuses aussi. Alors aujourd’hui, rétablissons la vérité sur ma vie passionnante… Et vraie !

Le matin, je me lève et la première chose que je fais, comme n’importe quel être humain : je vais faire pipi. Oui madame. J’aurais voulu te dire que j’allume mon téléphone pour consulter mon fil Instagram, ou que je fais des papouilles à Jules (l’homme et/ou le chien), mais mes instincts primaires priment (coucou le mini pléonasme). Ensuite, je ne déjeune pas. Cela me pose d’ailleurs bien des soucis car clairement, mon quotidien n’est pas instagrammable. Pas de bol aux fruits, pas de smoothie, pas de Starbucks (allez si, parfois). Un grand verre d’eau, un Yakult. Point. Ensuite je sors le chien et ça qu’il pleuve, qu’il neige où qu’il vente. Et chaque matin je le sors… En pyjama ! J’enfile juste une vieille paire de baskets dégueulasses (que j’ai appelés « les baskets du chien ») et un vieux legging qui traine, pas maquillée, pas coiffée en prenant soin d’éviter âme qui vive. Je remonte, je m’habille, me maquille, fais ma toilette (tout ça dans le désordre) et je pars travaille en transport en commun. Durant ce trajet je lis, un livre, un vrai, ou bien sur ma Kobo, et c’est seulement quand j’arrive au boulot que je regarde mes mails ou mes actus sur mon téléphone. Et puis je travaille, toute la journée. Je mange un sandwich à midi. Rien de passionnant. Je rentre, je sors le chien, on prépare à manger et je blogue (ou je me tape devant la télévision). Une douche et au lit vers 22h30. Parfois il m’arrive de faire le ménage et de recevoir des amis (oui j’ai une vie sociale). Mais VOILA ! C’est tout.

Alors certes, tenir un blog cela demande du temps. Beaucoup de temps, tellement de temps que cela explique que je ne sois pas aussi régulière que d’autres et qu’actuellement je n’arrive pas à bloguer plus que 2 fois par semaine. Bien sûr, je passe mes samedis à la poste pour aller chercher des colis de partenaires et bien sûr, je reçois beaucoup de choses (quoi que, pas encore tant que ça). Mais je ne « mange pas blog » et ce qu’il faut savoir, c’est que je ne suis pas arrivée là par hasard. Cela fait 5 ans que je blogue  de manière organisée et mon avancée est très très lente comparée à celle des autres. Seulement tu sais quoi ? Comme j’aime le dire, ne te compare pas. Tu es la personne la plus parfaite pour être toi, et personne ne peut l’être à ta place.

Si je voulais t’écrire cet article aujourd’hui, c’est parce que je voudrais qu’on arrête avec ce complexe des réseaux sociaux, de la vie de rêve (et c’est valable pour moi aussi, car comme toutes les filles, j’ai plein de complexes). Ou de la jolie vie instagrammable. J’ai grandi avec internet mais quand j’avais 15 ans, tout cela n’existait pas. Je rêvais à travers les magazines et je me rendais bien compte que tout cela était « de la pub ». Aujourd’hui ça a changé et on parle désormais de « personnal branding ». Tu te rends compte ? On a inventé un terme pour dire qu’on se vend soi-même, comme une marque. D’ailleurs comme le dit si bien Paul Arden* : « Tout le monde est un vendeur ». Quand on veut vendre (son image, son CV, un produit qu’on a aimé, un conseil, une destination de voyage) on utilise bien forcément les meilleurs mots et les meilleurs images.

Tout le monde est un vendeur

Je ne critiquerai jamais les blogueuses, instagrammeuses ou youtubeuses qui font tout cela pour vendre : c’est leur métier. Il n’y a rien de mal (et soyons honnêtes, je rêverais de pouvoir le faire) mais gardons la tête sur les épaules : c’est un choix qu’elles ont fait à un moment M de leur vie. Ce que tu vois c’est ce qu’elles veulent bien te montrer. Quand tu passes un entretien d’embauche, tu y vas sous ton meilleur jour, avec des jolis vêtements, une belle allure. Instagram, les blogs, Youtube, c’est la même chose. Je ne jette pas la pierre car chacun a le droit de choisir son chemin de vie, de carrière, selon ce qui lui parait juste.

Soyons clairs, je ne suis pas en train de dénigrer ma vie via cet article. A mes yeux, ma vie est formidable et j’ai la chance à 32 ans d’avoir accomplis absolument tout ce que je voulais accomplir. A 14 ans j’avais le rêve de devenir styliste : je l’ai fait. Je suis venue, j’ai vu, j’ai vaincu. Aujourd’hui, je rêve de monter mon projet, de travailler de chez moi, de dessiner, d’être une « influenceuse » et je me donnerai les moyens de le faire. Mais ma vie n’est pas parfaite, et surtout, j’ai la vie que je me construis. A mon rythme. Si d’autres y sont arrivés pourquoi pas moi ? Et surtout, pourquoi pas toi ?

Ne jalouse pas la vie d’autrui, motive-toi en te disant que si c’est possible pour cette personne, c’est possible pour toi aussi. Et vraiment, ne te complexe pas avec ce que l’on veut bien te montrer. Une dernière petite anecdote : j’avais vu un reportage il y a bien longtemps, sur une tribu d’Amazonie, qui avaient été colonisée à l’époque par nous les occidentaux du temps des colombs. Nous sommes arrivés là les caisses plein d’objets, de bijoux, de nourriture et de vie invraisemblable nous faisant passer pour des rois. Et pourtant voici ce que le chef de la tribu raconta au journaliste : « Un jour, un chef blanc est parti dans la forêt et nous l’avons suivi en cachette. Quel ne fut pas notre surprise de voir qu’il allait faire ses besoins et que ce qui en ressortait avait la même couleur et la même odeur que nous…« 

C’est une métaphore peu glamour je te l’avoue, mais garde en tête que nous sommes tous des êtres humains, avec les mêmes besoins : manger, dormir, boire, éliminer. Et que la vie, la vraie, ce n’est pas du personal branding sur Instagram.

♥ ♥ ♥

* Référence au livre Vous pouvez être ce que vous voulez être

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Humeur

La culpabilité des complexes

10 juillet 2016 by
être heureux sans complexe

Il faut que je t’avoue quelque chose. Je pense que tu dois même certainement t’en douter : je suis une fille bourrée de complexes. Voilà. C’est dit. Et au vue des moqueries reçues par les garçons (et certaines filles) de ma classe durant mon adolescence, je te le dis d’entrée de jeu, j’ai grandis avec cette idée que j’étais grosse et pas très jolie. De cette idée, j’en ai fait une croyance. Une croyance gravée dans la roche. J’ai vite compris que j’étais peut-être drôle et intelligente, mais qu’aux yeux de certains j’étais « moche ». Mon charme vient de ma personnalité, pas de mon physique. C’est ma croyance, celle de mon ego, celle établie par les mots des autres. Et quand je me regarde dans le miroir, je ne vois que mes petits bras dodus, mon gros cuissot ou mes dents de traviolle. Le canon de la beauté, cela n’a jamais été moi.

Heureusement, je n’ai jamais fait de mes complexes une fatalité. J’aime rire et faire rire. J’aime danser, sortir, rencontrer des gens. Je ne me suis jamais terrée dans un trou, cachée dans un gros édredon. J’aime chercher de jolis vêtements et essayer de me mettre en valeur. Je sais que j’ai des jolis yeux que j’aime prendre le temps de maquiller. Je sais que j’ai une taille fine que je prends plaisir à souligner à coup de robes ou de tailles montées.

Et pourtant, je sais aussi que je ne suis pas jolie. Je n’y crois pas. C’est comme ça. Je ne cherche pas de la pitié ou des « mais oui t’es belle », tant que je ne le croirai pas moi-même, personne ne pourra me mettre ça dans la tête. Je pensais que quand j’allais être grande, ou quand j’allais avoir 30 ans, je prendrais de l’assurance et que tout serait fini, ou presque. Mais non… Il y a ces rares jours où je me regarde et je me plais. J’aime un détail, une allure… Mais ces jours aussi où j’essaye aussi d’oublier cet angle de moi qui fait que lorsque je me tiens de telle façon on perçoit mes bras mous, mon double menton ou mon bon cuissot.

Cependant, aussi contradictoire que cela puisse paraître, j’aime la vie. J’aime MA vie. Pour rien au monde je ne la changerais avec qui ce soit et nombreux sont les jours où je remercie l’Univers de me donner ce qu’il me donne. Ce dont je suis certaine c’est que si je n’avais pas été celle que je suis, avec mes forces et mes faiblesses, je n’aurais pas la vie que j’ai. Mes complexes ont renforcé mon caractère. Ne m’ont jamais fait plier sous le vent, malgré la culpabilité d’aimer la vie et de la croquer à pleine dent, à pleine bouche, telle une bonne pâtisserie réconfortante. D’ailleurs on le dit « l’appétit de vivre ». Et tel est mon cas. Je suis un ogre de la vie.

Aimer la vie

Alors lorsqu’Elsa Makeup a sorti sa video sur la différence la semaine même où j’avais décidé de me lancer dans le Top Body Challenge, cela n’a pu que me faire réfléchir. Ce petit bout de femme avait compris ce que j’avais encore tellement de mal à comprendre.

Tu vois, dans notre société, on nous fait culpabiliser pour tout : de ne pas manger assez bien, de ne pas se bouger assez fort, de ne pas se lever assez tôt et j’en passe. Je suis la première à dire qu’on est responsable de sa vie, et responsable de son bonheur. Qu’il ne tient qu’à nous de changer, car l’on ne peut pas changer le monde extérieur. Mais la culpabilité doit-elle forcément découler de la responsabilité ? Elsa mentionne que rien n’est parfait, or on nous apprend que l’on doit tout faire pour le devenir. Que si nous n’avons pas la vie que nous rêvons, ou le corps que nous rêvons, c’est bien de notre faute. Après tout on n’a qu’à se bouger, dans tous les sens du terme.

Pourtant je pense qu’accepter nos faiblesses et être tolérant envers nous même c’est le premier pas du changement. Je suis responsable pour plein de choses dans la vie, et je pense mener une vie saine sans excès. Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas, je vais me coucher tôt, je travaille et j’ai des activités saines. Mais je ne fais pas de sport et je trouve que la vie serait bien trop triste sans une bonne part de tarte. Est-ce que cela fait de moi une ratée ? Une personne qui ne peut se réaliser ? Est-ce que je dois continuer à batailler pour un corps que je n’aurai peut-être jamais ? Et faire des choses qui vont à l’encontre de ce que je suis ou de ce que j’ai envie ? La vie est bien trop courte et bien trop belle pour se morfondre ou se priver.

C’est difficile de trouver la juste balance dans son mode de vie ou de retrouver un mode de vie naturel vers lequel nous voulons tendre. C’est difficile aussi d’accepter le juste message de développement personnel. Je peux changer oui, je veux changer oui, mais à quel prix ? Dans quel but ? Pour plaire à qui ? Pour rentrer dans quel moule ? Si j’étais ma meilleure amie, je me dirais que le physique on s’en fout, que ce serait bien triste que mon entourage ne m’aime que pour ça. Que c’est bien plus beau d’aimer quelqu’un pour ce qu’il est vraiment, que pour ce qu’il parait être. Alors pourquoi vouloir à tout prix changer ce qui est si difficile à changer ? Pour apaiser cette culpabilité ? Est-ce qu’au final on ne se sentira pas coupable d’autre chose après avoir atteint ce but-là ?

S’accepter, ce n’est pas une chose facile, nous avons chacun notre bagage, notre histoire, nos failles et je pense que le début de cette acceptation commence par reconnaître cette petite voix qui nous parle. Qui est elle ? Représente-t-elle une personne ? Que nous veut-elle ? Essaye-t-elle réellement de nous protéger ? Contre qui ? Analyser cette partie de nous qui nous flagelle, ne pas tenter de l’annihiler, mais de converser avec elle. L’accepter elle aussi, mais ne pas lui laisser mener la barque. On a le droit de se sentir et gros, et moche, et nulle. On a le droit de ne pas pouvoir ou de ne pas savoir changer ces choses-là. Tout comme on a le capacité de sublimer ces magnifiques choses qui font que nous sommes ce que nous sommes, et qui font que si nous sommes là où nous sommes, c’est pour une bonne raison. Car qu’on se le dise, rien n’arrive jamais par hasard… Il y a fort à parier, que nos qualités y sont aussi pour quelque chose.

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Humeur

Capri, c’est fini, plus de stratégie !

22 mai 2016 by
En finir avec la stratégie pour augmenter le trafic de son blog

Tu te souviens de cet article que j’avais écrit il y a quelques mois sur les stratégies pour augmenter le trafic de son blog ? Ces stratégies que je me proposais d’essayer tel un cobaye pour t’en faire le bilan ? Eh bien… Je t’ai menti. Je n’ai rien testé du tout. Et aujourd’hui, avec le recul, je ne comprends même pas pourquoi j’ai écrit cet article. Il va à l’encontre de tout ce que je prêche, de tout ce que je suis, et de tout ce que je pense au sujet de la performance. Tout simplement parce que j’ai grandis avec les sages paroles de mon père : « La qualité ma fille, et non pas la quantité« . Comme je te le disais dans mon article Divers et Autres futilités du mois dernier, capri c’est fini. Fini de calculer, fini de m’angoisser. Le pire dans tout ça, c’est que je t’en avais déjà parlé en septembre dernier dans mon article « des chiffres et des blogs »… Mais où avais-je donc la tête ? Hein ? La faute à qui ? Aux doutes, toujours eux, et à ce montre dans mon placard. The Famous One…

Pour tout te dire, il y a quelque temps, comme beaucoup d’entre nous, je suis tombée sur cet article de Victoria dans lequel elle explique pourquoi elle avait arrêté de lire les blogs. Et il s’avère que je me suis entièrement reconnue dans son article. A force de trop lire, trop voir, trop scroller, j’étais tombée dans une sorte de comparite aigüe, de boulimie de l’information et du faire mieux. A me dire que je devais faire ceci, et que je devais écrire cela, de telle manière, avec telle photo, dans le but de réussir. Car pour moi, à cette époque, réussir signifiait « être une blogueuse connue » ce qui signifiait « vivre ma vie de freelance ». Entre temps j’ai compris à quel point tout ça c’est des conneries. Je n’ai pas besoin d’être connue pour être freelance. J’ai besoin d’être épanouie. Être épanouie signifie être bien dans sa tête, se sentir libre. Et se sentir libre, permet de créer. De voler, comme j’aime le dire.

slow blogging coffee laptop

Tu sais, il fut un moment où le dimanche soir, j’avais ce que j’appelais le « syndrome Instagram ». Je passais mon dimanche à regarder des jolis comptes Instagram et à essayer de comprendre comment ils avaient atteint autant de followers. Je regardais des vidéos sur YouTube pour voir comment devenir populaire. J’ai même mis au point les stratégies citées pour essayer d’y arriver. Pathétique, non ? Avec le recul, tout cela me donne envie de gerber (ni plus ni moins). Un soir, après avoir recommencé 1500 fois mon fil Insta, la façon de prendre mes photos ou de gérer mes filtres, je me suis dit que c’en était trop. Cela ne valait clairement pas le coup. De un parce que j’étais en train de me dégouter, à enchainer les prises photos le dimanche après-midi, et de deux, parce que j’avais perdu toute spontanéité. La spontanéité étant, depuis les débuts d’Odile Sacoche, toute ma force. Ce qui fait que toi tu viens me lire. Ce  soir-là, je me suis dit « Oh et puis zut » et j’ai arrêté de calculer quoi que ce soit.

Alors je ne sais pas si c’est le fait d’avoir lu ce fameux livre Wake up, ou bien si c’est parce que j’ai changé de boulot, ce qui m’a ouvert les portes d’un nombre incalculable de possibilités, mais j’ai eu un déclic. Celui du « ça suffit ». Ça suffit de se morfondre le dimanche soir parce qu’une telle fait de magnifiques photos et qu’elle a 150.000 abonnés sur Instagram. Ça suffit de lire des blogs de stratégies à n’en plus finir pour essayer de comprendre ce qui cloche chez moi. Ça suffit cette course aux chiffres : plus grand, plus mince, plus populaire, plus aimée.

Car tu veux que je te dise ? Il n’y a rien qui cloche. Ni chez toi, ni chez moi. Ni chez personne d’ailleurs. Au risque de me répéter, chacun vit à son rythme. Chacun exploite sa fibre comme il pense être juste pour lui, et ce qui marche pour l’un ne marche pas pour l’autre. D’ailleurs, ils nous l’ont dit à notre week-end entrepreneur, le modèle américain ne fonctionne pas forcément ici, alors ça ne sert à rien de copier une success-story de là-bas, cela ne prendra pas automatiquement ici.

A la lumière de tous ces éléments, et à force de me plaindre du manque de temps et de talents que j’avais (ou que je n’avais pas, c’est selon), je me suis posée sur l’article de Victoria, sur tout ce que j’avais écrit et je me suis dit : « C’est facile ma pauvre Odile, soit tu continues à perdre ton temps en restant boulimique de blogs et de stratégie, et donc, de culpabiliser, soit tu prends ce temps-là pour faire quelque chose. » Tu l’as compris, c’est la deuxième option que j’ai choisi. J’ai arrêté de scroller à tout va. J’ai arrêté de m’informer. J’ai arrêter de calculer et de me perdre dans des stratégies folles. J’ai commencé à faire. Tout simplement. J’ai même arrêté de lire les blogs en général. Prenant tout ce temps à surfer pendant des heures, pour faire d’autres choses que je ne prenais pas le temps de faire avant.

slow blogging free strategie

Conclusion, la case stratégie, trafic de blog, et statistiques est passé à la trappe. Tu sais c’est l’histoire du cycliste : il ne devient pas champion du tour de France en lisant des livres. J’ai simplement calculé le nombre de temps passé à m’angoisser à propos de toutes ces stratégies et tout ce que les autres faisaient, et j’ai décidé de prendre ce temps-là, pour faire moi-même des choses. Ecrire par exemple. Dessiner. Dans le fond, ai-je vraiment besoin de savoir ce que mon voisin fait de mieux que moi ? Est-ce que cela m’aidera à avancer ? Je n’en suis pas certaine. Et puis j’en ai assez de cette dictature du chiffre. Depuis quand ils ont le pouvoir de définir ce que nous sommes ?

Ce que j’essaye de te dire, de manière assez confuse, c’est qu’il faut rester soi-même. Il faut arrêter de perdre son temps à se comparer et à essayer de reproduire les stratégies d’autrui. Tout ce temps perdu à douter, à se culpabiliser, à se sentir mal et nul, au lieu de croire en soi, et de croire en la stratégie de son cœur. Nous avons tous du talent, nous avons tous les ressources nécessaires pour réussir ce que nous voulons réussir. Les autres, les chiffres, les stratégies et le reste n’y feront rien tant que l’on ne croira pas d’abord en nous !

Une bonne fois pour toute, merci papa, la qualité bon sang… Et non pas la quantité.

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Humeur

Entrer dans la lumière.

13 avril 2016 by
Oser briller

Je ne peux pas t’expliquer ce que je ressens à l’heure où je t’écris ces mots. Une forme d’excitation, de joie, de peur aussi. Alors oui bien sûr, pour certains ce n’est pas nouveau, ce que je m’apprête à faire ne relève pas de la grandiosité. Et pourtant, pour moi c’est un cap énorme. Après 5 ans passés cachée derrière mon ordinateur, aujourd’hui j’ai décidé de tout avouer. D’ouvrir grand mes ailes comme je te le disais l’autre jour et de sortir de l’ombre… D’entrer dans la lumière.

Pixie cut profil Odile Sacoche

Je me rappelle encore la première fois où j’ai écrit sur ce blog. On me pose souvent la question du « pourquoi avoir commencé ». Dans le fond, qu’est-ce qui pousse à vouloir ouvrir un blog ? Et qu’est-ce qui pousse à vouloir encore le tenir 5 ans plus tard ? Je réponds souvent que c’est le trop plein : trop plein de frustration, de sentiment, d’émotion. J’avais besoin de parler. Je me sentais enfermée. Je ne savais pas à ce moment là que ce sentiment d’emprisonnement était le résultat d’employeur et de manager en mal d’égo. Pour compenser je me suis dit que je bloguerais. Au moins, sur le net je pourrai dire ce que je veux. Comme je le veux. Sans qu’on ne sache jamais qui je suis. Telle une vengeresse masquée. La Zorro 2.0.

Et puis, le blog a commencé à être lu. Beaucoup lu. Trop lu à un moment. Et j’ai pris peur. Tellement peur. Et si je ne te plaisais pas ? Et si tu te moquais de moi ? Et si tu me trouvais moche, et bête, et tout un tas de choses que cette petite voix m’a répétée pendant des années. Il y a eu un clash aussi, un énorme clash, qui m’a fait encore plus rentrer dans ma coquille. Non ces gens derrière leurs écrans ne méritent pas de savoir qui je suis. Je veux me protéger, encore plus. Je suis un petit animal faible et fragile.

En vérité, je ne le suis pas. Et le blog a repris du poil de la bête, moi y compris. Jusqu’à l’année dernière. Cette proposition incroyable de partir en week-end Thalasso. Ça a été un déclic de dingue. Parce qu’au-delà du fait que j’étais aux petits oignons pendant 2 jours, j’étais là-bas grâce à toi, mais surtout avec toi. Sur ma tablette, sur Instagram, sur mon iPhone. Tu étais là oui. C’est à toi que je pensais. Comme un amoureux virtuel. J’ai repris confiance en moi, mais en toi aussi.

Et puis l’évidence. Ce blog, mon précieux, qui me prend tout mon temps, toute mon âme. J’ai commencé à devenir fière de ce que j’accomplissais ici. Tellement fière. Je voulais crier sur tous les toits : « Hey ! Odile Sacoche c’est moi !« . Mais j’avais si peur. Et si mon employeur gâchait tout ? Et s’il voulait une part du gâteau ? Et si maintenant que mes lecteurs m’acceptaient entièrement, c’est un manager qui me rejetait ? Sombre idiote. Tu n’es rien. Ni dehors, ni dedans. J’ai attendu. À me laisser manger. Petit à petit. Et j’ai commencé à construire mon rêve, dans l’ombre, comme si j’avais honte. Je t’en parlais ici, et je gardais le secret là-bas. Il faut que jamais personne ne sache rien. Dans le fond, je pense que je ne me sentais pas légitime de ce succès.

Qui est Odile Sacoche

Heureusement ça n’a pas duré, et le sentiment de fierté a repris le dessus. Un matin, j’ai commencé à me révéler. À mes proches d’abord. À mes collègues ensuite. Un peu à gauche, et puis à droite. Une photo en DM sur Twitter. Un « tu garderas bien mon secret, hein ?« . Et puis ce livre. LE LIVRE. Wake Up de Christine Lewicki. Qui pour le coup m’a complètement réveillée. Et si mon problème c’était que je n’osais pas briller ? Ne pas briller, c’est ne pas réussir. Et si on n’essaie pas de réussir, on ne risque pas de chuter non plus. Pas de risque, pas de résultat. Ni bon, ni mauvais. C’est facile comme ça. Personne n’est déçu, et les moutons sont bien gardés.

Grâce à ma coach de vie, à mes lectures, à mes associées et à Admin Solutions, ces derniers mois, j’ai pas mal réfléchis à tout ça. Les choses se sont bousculées. Il est devenu vital de quitter mon boulot, d’en trouver un autre, et de sortir de ma prison dorée. Des clichés, des qu’en dira-t-on, de la peur. Jusqu’à aujourd’hui, où je t’écris de manière confuse tout ce que je ressens, et tout ce qui se bouscule dans ma tête. Mes doigts tapent à une vitesse folle sur le clavier de mon nouvel ordinateur. Celui que je me suis offert comme pour me dire : « Tu le mérites. Tu mérites ta chance. Tu as travaillé dur. Tu as donné tout ce que tu avais. Il est maintenant tant d’oser briller. Et de te réveler.« 

Je suis Odile Sacoche

Tout ça pour te dire, de manière très décousue… : « Bonjour, je m’appelle Odile Sacoche. Je suis blogueuse anonyme depuis 5 ans, et aujourd’hui, j’ai décidé d’être fière de moi. De me montrer et d’oser briller. Aujourd’hui, j’ai décidé d’entrer dans la lumière« .

Odile Sacoche Pixie cut blog beauté

Ne laisse jamais personne t’enfermer : ni toi-même, ni les mots, ni les gens. Et brille, bon sang, brille !

photo odile sacoche

odile sacoche blogueuse beauté lifestyle belge

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